Vente de médicaments en grandes surfaces : Leclerc remonte au créneau

Les centres Leclerc remontent au créneau en faveur de la vente des médicaments en grandes surfaces. Comme le révèle Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), le groupe de Michel-Edouard Leclerc vient de commander une étude portant sur l'impact de la mise en vente libre de certains médicaments sur leurs prix.

En juillet 2008, la ministre de la Santé d'alors, Roselyne Bachelot, avait imposé aux pharmaciens de mettre devant le comptoir 245 médicaments à prescription facultative afin de faire jouer la concurrence. Selon les résultats de l'enquête réalisée par le Bipe, un bureau d'étude et de conseil, pour le groupe Leclerc, il apparaît que le prix de ces médicaments enregistre, en moyenne, des "évolutions très variables", écrit Le Parisien/Aujourd'hui. Globalement, les prix "sont restés stables depuis un an (- 0,38%)".

Cette étude révèle de nombreuses disparités pour un même produit selon les pharmacies. Par exemple, le prix d'un médicament contre le mal des transports a reculé de 0,5% à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), alors qu'il a augmenté de 8% à Mont-de-Marsan (Landes).

Au sein même de certaines villes, les différences de tarifs sont aussi notables. Le prix d'une boîte d'antalgiques achetée à Vitry peut, par exemple, varier de 1,78 euro à 4 euros selon les officines. Toujours à Mont-de-Marsan, une même solution contre les mycoses des pieds peut aller de 4,90 euros à 13 euros...

La mise en accès libre occasionne des hausses de prix parfois considérables, rapporte le journal. En un an, les comprimés de magnésium ont augmenté de 46%, "principalement du fait du laboratoire qui compense des baisses de vente".

Dans ce contexte, Michel-Edouard Leclerc réclame une nouvelle fois au gouvernement le droit de vendre ces médicaments à prescription facultative. Selon lui, il est temps d'"ouvrir la concur­rence pour rendre du pouvoir d'achat aux patients".

A lire aussi dans la presse - Ce que révèle l'affaire du Mediator®

Après les 116 plaintes déposées mardi au tribunal de grande instance de Paris par l'Association des victimes de l'Isoméride® et du Mediator® (Avim), c'est désormais au tour de l'UFC-Que Choisir d'intenter une action en justice, indiquent Les Echos (page 17). Ce matin, cette association devrait déposer une plainte contre X, pour "homicide et blessures involontaires", ainsi que pour "tromperie aggravée". Le laboratoire Servier est bien entendu dans son collimateur, même si UFC-Que Choisir s'interroge également sur le rôle qu'ont joué les autorités sanitaires.

Cette question préoccupe justement La Tribune (pages 2 et 3). Selon le quotidien, l'affaire du Mediator® fait "ressortir les dysfonctionnements du système d'évaluation et d'autorisation du médicament, trop souvent opaque, y compris pour les experts et les patients, pourtant les premiers concernés".

Analysant la chaîne du médicament, La Tribune identifie trois types de dérives. La première concerne "les incohérences entre un système d'autorisation de mise sur le marché (AMM) européen et des procédures de pharmacovigilance sur lesquelles les Etats souhaitent garder la mainmise".

La deuxième souligne le décalage qu'il peut exister entre le service médical rendu (SMR) d'un médicament et son taux de remboursement. Comme le rappelle La Tribune, le SMR du Mediator® a été dé­claré "insuffisant" à deux reprises, mais son taux de remboursement a été maintenu à 65%.

En France, un principe veut que l'on sépare l'intérêt médical de la valeur économique d'un produit. Or, parfois, la valeur économique – et l'intérêt pour le laboratoire – prévaut sur l'intérêt du malade : "c'est la troisième dérive".

Frédéric Lavignette

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