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Vent de critiques contre la labellisation des complémentaires seniors

Tant du côté des retraités que de la Mutualité, la labellisation des complémentaires santé pour les seniors, soulève de nombreuses critiques. En cause : une atteinte portée à la solidarité intergénérationnelle, des garanties inadaptées aux besoins des plus de 65 ans et des tarifs sous-évalués.

A compter de janvier prochain devrait être mis en place le dispositif de labellisation des complémentaires santé pour les seniors. Initié par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2016, il vise à garantir une couverture santé aux personnes âgées de 65 ans et plus. Mais cette mesure soulève de nombreuses critiques, note  Paris Match.

Ainsi, observe l'hebdomadaire, la Mutualité Française s'oppose, entre autres, "à une segmentation de la population par catégorie (salariés, indépendants, seniors…), qui remettrait en question le principe de mutualisation et de solidarité intergénérationnelle". Pour son président, Thierry Beaudet, ce dispositif est "contraire à un système dans lequel on organise la solidarité entre les bien-portants et ceux qui le sont moins". D'autant qu'inévitablement, ajoute-t-il, "le coût supporté par les seniors, qui consomment le plus de soins, sera plus important."

Ce projet stipule que les tarifs des complémentaires labellisées seront encadrés et prévoit des niveaux de prise en charge minimum. Pour Thierry Beaudet, il s'agit "d'un piège pour les seniors". "Les tarifs seraient plus attractifs qu'aujourd'hui, mais en trompe-l'œil seulement : ils ne pourraient être maintenus à ce niveau à long terme", prévient-il.

Ce sentiment est également partagé par Sylvain Denis, directeur général de la Fédération nationale des associations de retraités (Fnar). Pour lui, ce projet "avalise la tarification par l'âge : plus vous vieillissez, plus vous payez". Le cabinet de conseil Jalma, spécialisé dans la santé et l'assurance, souligne, de son côté, que les tarifs proposés seront au-dessous du coût réel des paniers de soins. En particulier "parce qu'ils sont établis au niveau national, sans ajustement en fonction de la zone géographique", observe Céline Cornet, du cabinet Jalma.

Autre critique : les projets de garanties pour les plus de 65 ans sont "déconnectés des besoins des seniors", regrette Thierry Beaudet. Et le président de la Mutualité Française de citer, par exemple, que le dispositif prévoit une prise en charge en orthodontie, ce qui présente peu d'intérêt pour des assurés de cet âge-là. En revanche, déplore-t-il, "rien n'est prévu pour l'implantologie ni pour les médicaments pour soulager l'arthrose"…

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)