Vaccins : un débat citoyen pour « restaurer la confiance »

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé hier, lors d'une conférence de presse, le lancement d'une vaste concertation citoyenne sur la vaccination. L'enjeu de cette réflexion, indique Le Figaro (pages 10 et 11), est de "restaurer la confiance du public", de plus en plus méfiant vis-à-vis de certains sérums.

Ces derniers mois, rappelle La Croix (page 9), une pétition lancée sur Internet a recueilli plus de 700.000 signatures, "révélant un vrai sujet d'interrogation pour certains parents". Au cœur de leur inquiétude, le fait que le DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite), "seul vaccin obligatoire en France, soit désormais accessible quasi-exclusivement dans des vaccins combinés protégeant aussi contre la coqueluche, les infections à haemophilus (responsables de méningites) et surtout l'hépatite B".

Jusqu'ici, observe le quotidien, la ministre de la Santé s'était faite discrète sur la question des réticences. Et ce, en dépit du recul avéré du nombre de vaccinés, enfants ou adultes. Depuis 2008, écrit Libération (pages 14 et 15) à titre d'exemple, le nombre de personnes vaccinées contre la grippe a baissé de 13%, et à peine la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans choisissent de se faire immuniser. Dans le même esprit, la population féminine boude également les vaccins contre le papillomavirus.

Autre exemple, issu d'une récente enquête de l'Institut national de veille sanitaire (InVS) : la couverture vaccinale a baissé d'environ 5% chez les bébés de 0 à 9 mois entre 2014 et 2015 pour le vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, hépatite B et infections à Haemophilus influenzae) et pour le vaccin Prevenar contre la pneumonie à pneumocoques. Or, souligne Le Monde (pages 6 et 7), "pour la plupart de ces infections, il faut un taux de couverture vaccinale supérieur à 90% pour protéger la population. "

Face au nombre croissant de Français qui se détournent des vaccins en raison de leurs éventuels effets secondaires, "les autorités sanitaires se trouvent aujourd'hui acculées au débat", écrit le quotidien. De fait, a déclaré Marisol Touraine, "répondre à la défiance est aujourd'hui un enjeu de société". Et l'année 2016 sera "dédiée à ce travail", prévient le Figaro.

Placée sous l'égide du professeur Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique, cette concertation citoyenne se déroulera en trois temps, détaille Le Monde. D'abord le "recueil des contributions du public et des professionnels sur une plate-forme Web de mars à mai", puis l'"analyse des propositions par des jurys en mai", et enfin la "présentation des conclusions d'un comité d'orientation en décembre". Du consensus dégagé par ces dernières, pourrait dépendre la levée ou non de l'obligation de vacciner.

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"Sisyphe au pays de la Sécu ! ", écrit Le Figaro (page 22) pour évoquer les 20 ans de la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). Deux décennies au cours desquelles cette structure, créée pour éponger les déficits de la Sécurité sociale, aura amorti près de 110 milliards d'euros de dette, explique dans Les Echos (page 6) son président, Patrice Ract-Madoux. Soit "l'équivalent de cinq points de PIB, auxquels il faut ajouter un point de PIB en intérêts économisés sur les sommes amorties". Ce résultat, tempère Le Figaro, "n'est en rien lié à de la magie, mais à la finance…". "Les investisseurs qui achètent les titres de dette sociale sont remboursés grâce aux recettes générées par la CSG (contribution sociale généralisée) et surtout la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)", détaille le quotidien.

Pour l'avenir, poursuit-il, "la Caisse n'est pas au bout de ses peines", car "les déficits subsistent et continuent d'alimenter la dette". Dès cette année, en effet, les transferts en provenance de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) vont atteindre le plafond autorisé. Trésorière de la Sécurité sociale, cette agence va donc se retrouver avec "30 milliards sur les bras […] qu'il faudra bien transférer, un jour ou l'autre, à la Cades pour qu'elle l'écoule sur les marchés".

Or, le temps presse, puisque la disparition de la Cades est programmée pour 2024. "Toutefois, remarquent Les Echos, Patrice Ract Madoux est optimiste. Le déficit de la Sécurité sociale, qui dépassait 20 milliards il y a quelques années, devrait avoisiner 9,7 milliards cette année, et disparaître en 2020-2021. Si la trajectoire votée au Parlement est bien respectée, on cessera donc de créer de nouvelles dettes. Il n'y aura plus qu'à écluser le stock…"

En bref


Social

  • "Budget : l'exécutif sommé de garder le cap sur les économies." Le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a exhorté, hier, le gouvernement "à ne pas s'écarter" de son plan d'économies. La Cour des comptes reproche aux pouvoirs publics de "trop souvent répondre aux préoccupations des Français en renforçant les crédits, sans se soucier de l'efficacité des moyens déjà déployés". Les Echos page 6.

Santé

  • "Rétinoblastome : des signes trop ignorés. " C'est une tumeur très rare dont les signes d’alerte sont encore trop méconnus. Pourtant, en France, 60 nouveaux cas de rétinoblastome sont diagnostiqués chaque année chez les enfants âgés de deux ans en moyenne. Cette tumeur de l’œil peut être identifiée par deux signes : un strabisme unilatéral persistant (il est présent dans 20 % des cas), et un reflet blanc appelé "leucocorie", visible dans la pupille, particulièrement dans la pénombre ou sur les photos prises au flash. Une campagne de sensibilisation du grand public a été conduite sous l'égide de l'association Rétinostop (www.Retinostop.org). Le Monde Science et Médecine page 3.
  • "Première naissance après vitrification ovocytaire pour cancer." Selon le Réseau régional de cancérologie OncoPACA-Corse, le premier bébé conçu en France après vitrification ovocytaire dans le cadre d'un traitement anticancéreux est né le 12 janvier. La vitrification est une technique de congélation ultrarapide des ovocytes qui permet ainsi d'augmenter les chances de grossesse après la maladie. Le Monde Science et Médecine page 3.

Et aussi

  • La perspective de l’arrivée du docteur Véronique Fournier, connue pour ses positions en faveur de l’euthanasie, à la tête du nouveau Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie met en émoi le milieu des soins palliatifs. Le Figaro page 8. - La Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui fête son bicentenaire, va amorcer un virage "vert" et dégager 3 milliards d’euros d’ici à 2017 pour investir dans le développement durable. Le Parisien/Aujourd’hui page 9.
  • Selon une étude de la Fondation Pfizer sur le bien-être et la santé des adolescents, les jeunes vont globalement mieux qu’il y a dix ans, mais ceux qui sont en difficulté s’enfoncent, en raison d’une plus forte "pression de la performance". Le Figaro page 8 et Le Parisien/Aujourd’hui page 10.
  • Censés apporter aux patients une aide à la gestion de leur maladie et à la prévention, les objets connectés ne sont pas sans risques éthiques. Le Monde Science et Médecine page 8.
  • L’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL) a dénoncé hier le refus du principal assureur de l’obstétrique, Sham, de couvrir les professionnelles réalisant des accouchements à domicile. Le Parisien/Aujourd’hui page 9 et Les Echos page 6.
  • Les rendements de l’assurance-vie, sur laquelle les Français ont placé près de 23 milliards d’euros au cours des onze premiers mois de 2015, ont continué à baisser l’an dernier. Le Figaro page 22.
  • Les associations d’étudiants déplorent que le chef de l’Etat ait centré ses vœux à la jeunesse sur le seul sur le service civique. Les Echos page 4.