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Vaccins : la santé publique par l’obligation

Le gouvernement a décidé de rendre onze vaccins obligatoires pour les jeunes enfants, contre trois actuellement. Une décision qui va relancer le débat sur la vaccination dans un pays où plus de 40% de la population montre de la défiance.

"Une obligation en matière de santé n'est ni banale ni fréquente", indique Libération. Elle est de surcroît source de polémiques, comme le montre la décision de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, de rendre impératifs onze vaccins pour les jeunes enfants.

Jusqu'à présent, seuls trois d'entre eux sont obligatoires. Réunis sous le même sérum DTP, ils préservent de la diphtérie, du tétanos et de poliomyélite. Comme l'indique Libération, les huit prochains à être obligatoires – et non plus recommandés comme à l'heure actuelle –  visent à contrer la résurgence de bactéries et d'affections telles que la coqueluche, l'hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type B, les infections invasives à pneumocoque et enfin le méningocoque. Tous seront d'ailleurs pris en charge à 100%.

Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est joint au débat en faisant observer que "des maladies que l’on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire, des enfants meurent de la rougeole aujourd’hui en France. Dans la patrie de Pasteur, ce n'est pas admissible". Cette mesure figurera dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui sera discuté cet automne.

Cette décision ne va évidemment pas calmer les esprits les plus réticents à l'obligation vaccinale. Selon une étude menée en 2016, la France est le pays où la question de la sécurité des vaccins soulève le plus d'interrogations. Plus de 40% de nos concitoyens s'en méfient, défiance qui ne se rencontre pas en Asie du Sud-Est ou en Afrique. Cette réticence, ajoute Libération, se manifeste notamment sur les réseaux sociaux, par le biais de pétitions en ligne, de témoignages, de statistiques pas toujours fiables, par des échanges sur les forums.

Dans un entretien, Agnès Buzyn déplore cette situation. "Nous arrivons tard, trop tard. On a laissé les doutes s'installer. […] Nous sommes donc arrivés à un moment où il faut savoir dire stop, c'est une question de santé publique", indique-t-elle.

Pour autant, elle fait valoir que "les onze vaccins obligatoires arrivent après une concertation citoyenne qui a eu lieu l'année dernière, et qui a abouti à demander cette mesure". Une démarche qui est à ce titre soutenue par plus de 200 médecins, qui ont lancé une pétition en ligne, signale le quotidien.

Cela dit, observe Libération, tous les professionnels de santé sont loin d'être des partisans du vaccin. Car chez certains médecins, certes minoritaires, l'attitude est parfois "mitigée". En effet, "si neuf médecins sur dix se disent favorables à la vaccination, quelque 10% s'avouent neutres, réticents, voire défavorables".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)