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Vaccins anti-HPV : face aux rumeurs, les spécialistes montent au créneau

Réunis en congrès, des spécialistes se mobilisent pour lutter contre les idées fausses et la désinformation dont font l'objet les vaccins contre le cancer du col de l'utérus.

Depuis quelques mois, la vaccination contre le cancer du col de l'utérus est sujette à une vague de désinformation qui inquiètent les spécialistes. Réunis le 11 janvier 2019 pour leur 42e congrès, les membres de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) comptent bien, à cette occasion, s'employer à la contrer.

Surtout, signale Le Parisien, à quelques semaines du lancement d'une vaste campagne de dépistage du papillomavirus (HPV).

Depuis juin et surtout depuis la fin de l'année 2018, indique le président de la SFCPCV, Jean Gondry, "des informations erronées et dangereuses circulent sur Internet et dans la presse" à propos du Gardasil et du Cervarix, les deux vaccins disponibles pour lutter contre le HPV. Ces derniers y sont présentés comme étant des "bombes à retardement", ce que dément le spécialiste en incriminant deux médecins à l'origine de la rumeur.

"Ce ne sont même pas des gynécologues, s'indigne dans le quotidien Jean Gondry, et pourtant ils affirment que dans certains pays, où la campagne vaccinale a été très large, le nombre de cancers a augmenté chez les plus jeunes. Ils manipulent les chiffres et leurs interprétations."

En effet, comme le montrent les données rapportées par Le Parisien, la vaccination des jeunes filles chez plusieurs de nos voisins européens a permis de faire reculer les lésions précancéreuses. C'est le cas en Angleterre et au Danemark où 70% des jeunes filles sont immunisées. Ou en Australie, où 80% des filles et 75% des adolescents sont vaccinés. Résultat : "La proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans porteuses du papillomavirus a chuté de manière spectaculaire, de 23% à 1% en dix ans."

Selon les détracteurs du vaccin, celui-ci favoriserait l'apparition de scléroses en plaques. Une enquête menée en 2015 par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l'assurance maladie prouve le contraire, tout comme une autre étude canadienne de l'an dernier. En France, reconnaît l'ANSM, une augmentation d'un à deux cas supplémentaires du syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique inflammatoire, pour 100.000 jeunes vaccinées a été constatée. "Sans remettre en cause le bénéfice de ces injections", souligne le journal.

Le papillomavirus est aussi responsable de cancers de la gorge, de la vulve, du vagin, de l'anus et est mis en cause dans 30% des tumeurs des amygdales. "En France, ils augmentent d’ailleurs de façon spectaculaire, alors que la vaccination permet de s'en prémunir", conclut Jean Gondry.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)