Vaccination : les centres ouverts le dimanche

A l'issue d'une réunion interministérielle sur la pandémie de grippe A, le Premier ministre a annoncé hier un renforcement du dispositif de vaccination. Pour faire face à l'affluence, les centres municipaux vont ouvrir le soir et le dimanche dans les grandes villes. Le chef du gouvernement a confirmé que les médecins libéraux ne seront pas autorisés à procéder à des vaccinations dans leurs cabinets, comme le réclament toujours les généralistes, souligne La Croix (page 8). "Chaque année, c'est moi qui vaccine mes patients contre la grippe saisonnière. C'est moi aussi qui fais les autres vaccins des enfants ou de toute la famille. Et là, de manière absurde, on me refuse le droit de faire mon métier de médecin", s'insurge, dans La Croix, le Dr Gaétan Dehoupe, généraliste à Dunkerque.

François Fillon a justifié son refus d'autoriser les médecins libéraux à participer à la vaccination par des raisons "logistiques", liées au nombre de doses disponibles, à la nécessité de respecter une chaîne complexe et aux questions de traçabilité en cas d'accident thérapeutique, résume La Tribune (page 6).

Il a promis des moyens supplémentaires pour désengorger les files d'attente qui s'allongent devant les centres de vaccination. "Je veux redire à ceux qui ont dû patienter trop longtemps, dans de mauvaises conditions, combien nous sommes désolés", s'est excusé le Premier ministre, cité dans Les Echos (page 5). 1.080 centres vont être ouverts rapidement, contre 600 la semaine dernière. Ils seront ouverts de 8 heures à 22 heures dans les zones urbaines, toute la semaine, y compris le samedi. L'ouverture dominicale, prise sur décision préfectorale, concernera seulement les grandes agglomérations. Les centres recevront les renforts des médecins du travail, de la Défense et des internes des hôpitaux. L'accueil sera assuré par des bénévoles de la Croix-Rouge et des fédérations de la protection civile.

Evoquant la question des stocks de médicaments antiviraux, François Fillon a pris "une décision importante", soulignent Les Echos. Il a assuré qu'ils "seront prochainement mis à disposition gratuitement, sur prescription médicale uniquement, dans les pharmacies".

Comment expliquer la méfiance des Français envers la campagne de vaccination ? Interrogé par Libération (page 11), Jean-Paul Moatti, économiste de la santé, estime que le gouvernement est paradoxalement victime de son effort de transparence. "Prendre des décisions dans un contexte d'incertitude n'est pas facile et encore plus difficile à expliquer. Pour gérer une épidémie, si le mensonge et l'obscurité ne fonctionnent pas, l'inverse provoque des phénomènes de rejet", affirme-t-il.

Quels dispositifs de vaccination contre la grippe A ont été mis en place chez nos voisins européens et aux Etats-Unis, a demandé Le Monde (page 4) à ses correspondants à l'étranger. Même si le virus H1N1 a déjà contaminé 3 millions d'Italiens, ces derniers ne se bousculent pas dans les centres de vaccination. La plupart des Norvégiens devraient être vaccinés d'ici à Noël. Quant aux Américains, le gouvernement fédéral avait prévu de vacciner plus de la moitié de la population, soit 160 millions de personnes. Mais pour l'instant, "seuls" 61 millions de doses ont été utilisés.

A lire aussi dans la presse - Stress : les enseignants eux aussi

Stress, dépressions, troubles musculo-squelettiques (TMS)… une enquête du syndicat d'enseignants SE-Unsa pointe la souffrance des enseignants du premier et du second degré et l'insuffisance de leur suivi médical, rapporte L'Humanité (page 9). "Les résultats sont sans appel", soulignent Les Echos (page 3) : plus de 70% des enseignants jugent que leurs problèmes de santé ont un rapport avec l'exercice de leur métier, notamment à travers la dégradation de leurs conditions de travail. "Outre la charge de travail, le manque de temps ou les conflits entre collègues, on voit aussi l'impact des coupes budgétaires actuelles, explique, dans Les Echos, Dominique Thoby, secrétaire national du SE-Unsa.

Les enseignants exercent de plus en plus dans différents établissements, ce qui nuit à leur équilibre." Parmi les pathologies les plus souvent citées, on trouve le stress (28,2%) et la dépression (18,2%), suivis des TMS (18%). Avec 66 médecins de prévention (équivalent des médecins du travail) par académie, la réponse de l'administration est insuffisante aux yeux du syndicat. "Soyons clairs, il n'y a pas de médecine du travail dans l'Education nationale", juge Dominique Thoby. Près de 80% des enseignants ayant eu un problème médical estiment que l'administration n'a pas pris en compte leur problème.

John Sutton

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