Vacanciers : refusez les tatouages au henné noir !

A l'approche de l'été, les autorités sanitaires mettent en garde contre les risques des tatouages éphémères au henné noir. Ils sont fréquemment proposés sur les lieux de vacances. Ils contiennent une substance chimique très allergisante, illégalement ajoutée au henné. Ils peuvent entraîner des réactions parfois graves, nécessitant une hospitalisation.

"L'été dernier, je me suis fait tatouer les chevilles au henné. Le tatoueur m'a proposé de faire un dessin noir. J'étais bronzée et le noir, ça fait trop beau. Le tatouage ressort mieux, se rappelle Samia, une jeune fille de 19 ans qui garde un cuisant souvenir de cette coquetterie de vacances. Quelques jours après, j'ai ressenti comme une brûlure. Le tatouage s'est recouvert de plaques. Plein de petits boutons sont sortis. Ça me démangeait. C'était affreux, je n'arrêtais plus de me gratter. J'avais envie de m'arracher la peau."

Samia a été victime d'un eczéma de contact au paraphénylènediamine (PPD). Cette substance chimique est illégalement ajoutée dans le henné pour lui donner sa couleur noire. En cosmétique, le PPD se retrouve uniquement dans les teintures capillaires, "à une concentration ne pouvant excéder 6%", précise l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Chaque été depuis trois ans, les autorités sanitaires mettent en garde contre ces tatouages éphémères noirs à base de henné. Ils sont proposés sur les plages, sur les marchés, ou dans les centres de vacances. Le henné naturel dont la couleur varie de l'orange au brun ne pose, en revanche, aucun problème.

Le dessin apparaît en relief

Les manifestations surviennent quelques jours ou semaines après l'application du henné noir. Si la réaction allergique est limitée à la zone tatouée, elle peut se traduire par des démangeaisons, une sensation de brûlure, des rougeurs, la formation de cloques. A ce stade, même si la couleur s'estompe, le dessin fait par le tatoueur apparaît en relief sur la peau. Cet eczéma de contact doit être traité par des médicaments corticoïdes, délivrés sur ordonnance. La lésion guérit généralement en 3 à 4 semaines.

Mais l'allergie peut être plus sévère et s'étendre à tout le corps. "Ces tatouages entraînent parfois des réactions violentes, nécessitant une intervention médicale urgente, voire une hospitalisation", alerte l'Afssaps. Ils peuvent également provoquer une sensibilisation à vie au PPD. Or, ce produit se retrouve un peu partout : caoutchouc, textiles, vernis, cuirs, cirages, teintures pour les cheveux, etc. "Cette sensibilisation est irréversible, souligne l'Agence sanitaire. Elle peut empêcher la pratique de certaines professions comme celle de coiffeur". Dissuasif !

Ghislaine Trabacchi

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