Urgences : un nouveau modèle d’accueil dans le Cotentin

L'hôpital de Valognes (Manche) inaugure ce lundi 7 mars 2016 une formule d'accueil des patients qui, selon le ministère de la Santé, pourrait être une "possible illustration des nouvelles organisations" des soins. Ce dispositif fut un temps envisagé pour l'Hôtel-Dieu à Paris, et pourrait l'être dans de nombreux autres services hospitaliers réalisant moins de 10.000 consultations par an, raconte Le Monde (page 11).

Huit mois après la fermeture de son service d'urgences pour cause de manque de médecins, le "centre de soins non programmé" qui ouvre aujourd'hui à titre expérimental dans l'établissement se situe "entre la médecine de ville et les vraies urgences", comme l'explique le directeur du centre hospitalier public du Cotentin, qui regroupe les hôpitaux de Cherbourg et de Valognes.

Désormais, écrit le quotidien, "seuls les patients sans urgences vitales pourront se rendre dans ce centre, après avoir appelé le 15 pour obtenir le feu vert du Samu. Les cas lourds ou complexes nécessitant un plateau technique seront, eux, directement orientés vers l'hôpital de Cherbourg, à vingt-cinq minutes de route". L'accueil est assuré sur des horaires de bureau : le centre est fermé à partir de 18h30, ainsi que les week-ends et pendant les petites vacances scolaires.

Comme une partie de la population, qui déjà s'est battue cet été pour sauver son service d'urgences traditionnel, le maire de la commune, Jacques Coquelin, ne dissimule pas son inquiétude sur ces horaires d'ouverture, observe le quotidien. Il espère que les horaires actuels ne constituent qu'une première étape, et rappelle que le ministère de la Santé avait promis "une ouverture de ce service sept jours sur sept, jusqu'à 22 heures, de façon continue tout au long de l'année".

Le secrétaire général de la Fédération autonome de la Fonction publique hospitalière, Eric Labourdette, semble plus alarmiste : "On va avoir des catastrophes", prédit-il.

L'objectif de la direction du groupe hospitalier est d'accueillir 20 des 35 patients qui se présentaient chaque jour aux urgences. Une façon surtout de désengorger l'hôpital de Cherbourg, dont la fréquentation a augmenté de 20% depuis la fermeture de Valognes. A Cherbourg, les médecins manquent toujours à l'appel : 10 postes de temps plein sur un total de 24 sont vacants. Et pour le moment, écrit le Monde, "seul le recours à des médecins urgentistes intérimaires – rémunérés 650 euros la journée – permet de continuer à faire tourner le service".

 

A lire aussi dans la presse – Bientôt des fonds de pension à la française

Le 30 mars 2016, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, doit présenter en Conseil des ministres un dispositif visant à introduire les "fonds de pension à la française" dans notre économie, prévient Le Journal du dimanche (page 19). L'objectif : encourager "un capitalisme français de long terme", explique-t-il à l'hebdomadaire. Alors que le dispositif devait, à l'origine, figurer dans la loi sur les "nouvelles opportunités économiques" (NOE), il devrait finalement être inscrit dans le projet de loi Sapin 2, attendu fin mars en Conseil de ministres, précise la journaliste Bruna Basini.

Les régimes de retraites visés sont ceux des engagements de retraite complémentaire d'entreprise, détaille le JDD. Ces contrats, auxquels cotisent peu de salariés en France, représentent 2,5% des versements, contre 50% en Grande-Bretagne, pour un encours de 130 milliards d’euros. Ils sont gérés par les assureurs, et soumis à la directive européenne Solvabilité 2. Une réglementation qui dissuade les sociétés d'assurances d'investir les fonds en actions d'entreprises parce que ces derniers "doivent alors immobiliser plus de fonds propres pour garantir aux assurés leur capital".

Selon le ministre de l'Economie, interrogé par le JDD, "la France a choisi historiquement de réguler ces régimes comme de l’assurance-vie, ce qui les empêche de contribuer au financement de l'économie." Aujourd'hui cependant, il juge "important de créer les conditions en France de véritables fonds de pension". La solution choisie serait un régime "ad hoc", qui exonèrerait ces fonds de la réglementation Solvabilité 2, tout comme ce qui a été obtenu par les Anglo-Saxons. Bercy estime que 15 à 20 milliards d'euros pourraient ainsi être fléchés vers ce type de placements.

En bref

Social

  • "Collectivités, hôpitaux : des résultats préoccupants." En matière de délais pour le paiement aux fournisseurs, les hôpitaux bénéficient d'un régime dérogatoire de 50 jours. Or, en dépit de ce régime de faveur, les retards sont très fréquents dans le secteur et ils se sont même aggravés ces trois dernières années. Cela dit, la moyenne des grands établissements de santé s'établit à 47 jours. Les Echos page 2.
  • "Code du Travail : semaine cruciale pour Hollande et Valls." Pour tenter de déminer le dossier explosif sur la réforme du Code du travail, le Premier ministre, Manuel Valls, reçoit à compter d'aujourd'hui, et jusqu'à mercredi, les syndicats et le patronat. Il va essayer de convaincre les premiers du bien-fondé du projet de loi de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Hier, déjà, il a annoncé de possibles modifications du texte. Une grande manifestation est organisée mercredi 9 mars 2016, à Paris, par les opposants à la réforme, à laquelle se joindront les syndicats étudiants. Le Figaro pages 2 à 4, Le Parisien/Aujourd'hui page 4, Les et Echos pages 4 et 5.

Santé

  • "Les Français fiers de leur système de santé, mais…" Selon un baromètre santé 360 d'Odoxa, réalisé pour Orange et MNH en partenariat avec Le Figaro, 68% des Français placent, très loin devant tous les autres pays, la France en tête des grands pays européens disposant du meilleur système de santé. Et même si, mis à part l’Italie, tous les habitants de chacun des cinq grands pays européens citent leur propre pays comme celui offrant le meilleur système de santé, la France est citée au deuxième rang, après l'Allemagne, par l'ensemble des Européens. Le Figaro page 9.

Et aussi

  • Effective depuis deux mois, la généralisation des complémentaires santé en entreprise peine encore un peu dans les petites entreprises, où ce sont souvent les formules les plus basiques qui ont été souscrites. Le Journal du Dimanche page 22.
  • Les réseaux de soins des complémentaires santé passent des accords avec des professionnels de santé afin d'assurer une limitation des tarifs et la fourniture de prestations de qualité. Le Journal du dimanche page 22.
  • Le déficit de larmes, de salive ou de sueur, est un syndrome dit "sec", qui touche le plus souvent les femmes. Le Figaro page 10.
  • Les incidences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima, il y a cinq ans, et de celle de Tchernobyl, il y a trente ans, se mesurent encore. Les Echos page 12.
  • Cécile, myopathe clouée dans un fauteuil, s'est vue refuser l'usage de son ordinateur qui la suit partout lors du concours national de l'Internat de pharmacie. Le Parisien/Aujourd'hui de dimanche 6 mars page 12.
  • Lancement le 8 mars 2016 d'une campagne à l'occasion de la Semaine européenne de lutte contre l'endométriose, dont souffrent 2 millions de femmes. Le Parisien/Aujourd'hui page 12.
  • Dans un ouvrage à paraître jeudi aux éditions First, Irène Frachon plaide "pour qu'on entre, collectivement, dans une ère de réalisme et de lucidité" face aux médicaments dangereux. Le Parisien/Aujourd'hui pages 2 et 3.
Frédéric Lavignette

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