Urgences : manque de coordination

Pilotage"incohérent", systèmes d'information déficients, "insuffisance de l'articulation" avec la médecine de ville : dans son rapport annuel, publié hier, la Cour des comptes porte un jugement sévère sur les urgences médicales, souligne Le Figaro-économie (page 18).

La Cour constate que les efforts consentis par les pouvoirs publics ont permis l'augmentation des effectifs aux urgences, comme l'amélioration de la formation des équipes. Dans le même temps, le nombre de passages aux urgences a doublé entre 1990 et 2004, passant de 7 à 14 millions. Ce sont les consultations de bébés ou de personnes âgées de plus de 80 ans qui ont crû le plus.

Mais peu de ces patients nécessitent des soins urgents. Pour preuve, seuls 20% d'entre eux sont hospitalisés à la suite de leur passage. Le recours trop rapide aux urgences est coûteux, puisque le montant moyen d'un passage aux urgences (223 euros) est nettement supérieur à celui d'un acte effectué par un médecin libéral, observe Le Monde (page 25).

Face à ce constat, la Cour estime qu'avec une meilleure coordination, une bonne partie des soins dispensés aux urgences pourrait être prise en charge par d'autres services hospitaliers ou par la médecine de ville, note Le Monde.

Aujourd'hui, si 70% des médecins libéraux participent à la permanence des soins,"certaines zones restent sans couverture médicale libérale" et la "mobilisation des médecins en seconde partie de nuit présente des difficultés", regrettent les magistrats.

Dans un autre registre, les patients éprouvent des difficultés à se repérer entre les trois numéros d'appel d'urgence : le "18" des pompiers, le"15" du Samu et le "112" des services départementaux de secours. La Cour suggère donc la création d'un numéro d'appel unique, comme c'est le cas dans plusieurs pays d'Europe.

En conclusion, les magistrats estiment que "l'amélioration de l'efficacité du dispositif dépend moins de nouveaux moyens financiers que de mesures relatives à l'orientation des patients, à l'organisation des services et à la coordination de l'action hospitalière avec celle de la médecine de ville", rapporte Le Figaro-économie.

Par ailleurs, la Cour des comptes est beaucoup plus sévère à l'égard de l'action des pouvoirs publics en matière de lutte contre l'alcoolisme. Elle renouvelle ses critiques, émises en 2003, estimant que"l'indécision de l'Etat entre une politique spécifique à l'égard de l'alcoolisme et un traitement d'ensemble des pratiques addictives, continue de nuire à la lisibilité de l'action publique", note La Tribune (page 29).

A lire aussi – Nicolas Sarkozy favorable à une consultation à 23 euros

Dans un entretien publié aujourd'hui dans Le Quotidien du médecin (page 4), le candidat de l'UMP se déclare "favorable" à la revalorisation de la consultation des généralistes à 23 euros. Dans cette interview, Nicolas Sarkozy veut"ouvrir des espaces de liberté tarifaire à ceux qui s'engageront dans l'évaluation de leurs pratiques et dans la formation continue". "Un projet qui a tout pour plaire aux professions de santé", commente Béatrice Taupin, dans Le Figaro-économie (page 19).

Dans la même interview, Nicolas Sarkozy évoque une nouvelle fois son idée de franchise applicable"pour chaque acte ou chaque consultation ou chaque examen". Le montant n'est pas fixé mais elle irait de"quelques centimes à quelques euros". Ce montant serait plafonné "de manière générale ou selon les différents types d'acte", de façon "raisonnable". En seraient exonérés les enfants et les allocataires du minimum vieillesse. Dans Les Echos (page 2), Claude Pigement, responsable national à la santé du PS, réagit à cette proposition. Pour lui, "la franchise est injuste et ne responsabilise pas les patients".

Par ailleurs, le candidat de l'UMP s'engage à "renforcer les aides à l'acquisition d'une complémentaire santé" et à améliorer "considérablement" les remboursements des frais dentaires et optiques.