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Urgences engorgées : création d’un forfait de réorientation

Un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, voté le 17 octobre 2018 en commission, propose aux hôpitaux un moyen de désengorger les urgences. Ils seraient financièrement encouragés à renvoyer vers les médecins généralistes les patients présentant les pathologies les plus bénignes.

Afin de désengorger les visites aux urgences, un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 a été adopté le 17 octobre 2018, en commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale. Proposée par le député (LRM) de l'Isère, Olivier Véran, cette mesure vise à encourager les hôpitaux à réorienter vers la médecine de ville les patients qui se présentent pour des pathologies légères.

Chaque année, explique Le Monde, les services d'urgences connaissent une augmentation de 2 à 3% de leur fréquentation. D'après le député, un quart de ces passages pourraient facilement être évités, en étant "pris en charge par un médecin généraliste le jour même ou le lendemain, sans nécessiter d'examens complémentaires".

"Pour inciter l'hôpital à renoncer à une source de revenus (chaque passage aux urgences rapportant en moyenne 161,50 euros, selon la Cour des comptes en 2014), le député propose de créer un « forfait de réorientation » de 20 à 60 euros", rapporte Le Monde.

Selon le quotidien, l’hôpital percevrait ce forfait "pour chaque patient venu aux urgences à qui aurait été proposé un rendez-vous dans un bref délai chez un médecin de ville, dans une maison médicale de garde ou auprès d'une consultation hospitalière spécialisée". D'après les estimations d'Olivier Véran, pas moins de 6 millions de personnes pourraient être ainsi réorientées. Il appartiendrait à celles-ci d'accepter ou non cette réorientation.

Nombre de questions se posent dès lors sur la mise en œuvre de cette mesure. Notamment qui, aux urgences, sera chargé de réorienter le patient ? Selon quels critères ? Alors que le syndicat Samu-Urgences de France estime qu'il s'agit d'une "bonne idée" permettant de "lutter contre la tendance à vouloir faire du chiffre", l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) qualifie de "coup médiatique" cette proposition "irréaliste".

De leur côté, via la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF),  les médecins s'étonnent qu'aucune aide financière ne leur ait été proposée pour prendre en charge ces consultations non programmées. Enfin, la Fédération des médecins de France (FMF), juge la démarche d'Olivier Véran "intéressante" mais juge qu'"il ne faut pas prendre les médecins libéraux pour des personnes taillables et corvéables à merci".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)