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Une salle de shoot au printemps à Paris

Très prochainement, à l'instar de plusieurs grandes villes européennes, Paris disposera elle aussi d'une salle de consommation de drogue. Comme l'indiquent sur leurs sites plusieurs de vos journaux absents des kiosques pour cause de grève, le Premier ministre a donné son feu vert pour tenter l'expérience.

Sa mise en place, préviennent Les Echos (page 10) a été confiée à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (Mildt) et au ministère de la Santé. Pour l'heure, aucun calendrier ni lieu n'ont été retenus, mais cela n'empêche pas les esprits de commencer à s'échauffer, surtout dans le 10e arrondissement de la capitale.

Contre l'avis de certains habitants et élus qui lui reprochent d'agir "dans le secret et l'opacité", voire "dans le dos de tout le monde", le maire (PS) de cet arrondissement, Rémi Féraud, s'est en effet "porté volontaire depuis plusieurs mois pour accueillir cette salle expérimentale", indique Le Figaro (page 9). Il faut dire qu'à proximité des gares du Nord et de l'Est, les toxicomanes sont nombreux, observe Le Parisien/Au­jour­d'hui (pages 2 et 3).

Dès le printemps, cette "salle de shoot" devrait s'ouvrir dans "l'objectif de réinsérer les consommateurs sur les lieux où ils se trouvent", expliquent au quotidien les responsables de l'association Coordination toxicomanies. Selon eux, il ne s'agit pas de les chasser du quartier, car cela "n'aboutirait qu'à déplacer le problème".

Depuis 1986, dans 8 pays, 90 salles de ce type ont déjà fait la preuve de leur utilité, note de son côté Libération (page 14). En Suisse, en Espagne, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas, "la santé des usagers s'en trouve améliorée, l'usage dans la rue et les nuisances qui en découlent sont réduits. Tout le monde y gagne, mais la France est à la traîne".

Depuis la fin 2012, les choses semblent toutefois s'accélérer. En décembre dernier, l'association Gaïa-Paris qui travaille avec des équipes mobiles d'éducateurs, de médecins et d'assistants sociaux pour prendre en charge les toxicomanes, s'est vue accorder 38 000 euros de subventions, écrit Le Figaro.

Pour l'une de ses animatrices Céline Beaulieu, ces salles sont "une vraie plus-value", car elles constituent un "point d'entrée vers le soin, la prise en charge et le sevrage".

A lire aussi dans la presse - Mediator® : nouvelle entrave à l'indemnisation

Après s'être déjà fait remarquer en refusant 93 % des dossiers déposés par les victimes présumées du Mediator®, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) est une nouvelle fois sur la sellette. Selon une information de l'Agence de presse médicale (APM), re­prise aujourd'hui dans Libération (page 14), le collège d'experts composé de cardiologues et pneumologues qui statuent sur l'indemnisation des plaignants aurait cette fois minimisé la gravité des valvulopathies de plusieurs patients. Lors d'une conférence de presse organisée jeudi dernier par ce collège pour défendre son bilan, l'un de ses membres, le cardiologue Jean-Jacques Blanc, a en effet annoncé que certaines échographies cardiaques jointes aux dossiers des patients avaient été réinterprétées et la gravité des valvulopathies revue à la baisse.

Sans visionner les vidéos de ces échographies, pourtant indispensables pour se faire un jugement, mais seulement des comptes rendus ou des photocopies, les experts ont diminué du grade 2 au grade 1 la gravité de ces valvulopathies, déplore le pneumologue Philippe Hervé qui a démissionné du collège récemment. Et comme il est difficile d'attribuer au Mediator® les valvulopathies mineures, cela change complètement les conclusions.

Trois associations, la revue Prescrire et la pneumologue Irène Frachon ont donc demandé lundi à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, de "mettre fin au déni des faits et au tripotage des dossiers". Ils réclament également un "moratoire sur les travaux du collège d'experts", tandis que le député (PS), Gérard Bapt, exige de son côté la "démission collective" de ces experts.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)