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Une meilleure vigilance pour les opioïdes

Un rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s'inquiète de l'augmentation des prescriptions des médicaments opioïdes. Générateurs de dépendance, ces antidouleurs, pris en excès, peuvent entraîner des overdoses.

Les Etats-Unis s'en inquiètent depuis plusieurs mois. La France fait partie des pays à avoir pris leur relais, au point que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié, le mercredi 20 février 2019, un premier état des lieux sur les opioïdes. Les prescriptions de ces médicaments à base d'opium ne cessent en effet d'augmenter, tout comme les hospitalisations consécutives à leur absorption.

Entre 2000 et 2017, indique Le Parisien, le nombre des séjours à l'hôpital a bondi de 167%, et celui des décès par overdose de 146 %. En moyenne, cela représente quatre décès par semaine au moins, particulièrement chez les femmes de plus de 60 ans.

Il ne faut pas s'imaginer pour autant que cette consommation soit le fait de toxicomanes. Les opioïdes sont des traitements antidouleurs généralement administrés à plus de 10 millions d'adultes Français souffrant de douleurs articulaires (par exemple après un accident), de maux chroniques du dos, du genou ou bien encore de migraines ou fibromyalgie. S'ils sont apaisants, sédatifs, réducteurs d'anxiété, ces traitements ont aussi la caractéristique de créer de la dépendance.

Deux molécules suscitent particulièrement l'inquiétude. La première est le tramadol, un opioïde dit "faible", détaille Le Parisien. On la retrouve, entre autres, sous les marques Contramal® ou Topalgic®. En 10 ans, son taux de prescription a crû de 168%. La seconde molécule est l'oxycodone, opioïde dit "fort", connue aussi sous ses noms de marque OxyContin®, OxyNorm®. Ses prescriptions ont bondi de + 738%.

En soi, ces produits ne sont pas condamnables, puisqu'ils sont d'une grande aide pour les patients. C'est plutôt leur usage qui mériterait d'être régulé. Pour cela, le Pr Nicolas Authier, président de l’Observatoire français des médicaments antalgiques (Ofma) et spécialiste des opioïdes, suggère d’accroître la formation des professionnels de santé sur cette question. "Renforcer la vigilance signifie également informer les patients des risques, que ce soit pendant et lors de l'arrêt du traitement."

Ce spécialiste propose également de gérer la douleur par un autre biais que le médicament. Par exemple, "des alternatives sont à développer, comme la neurostimulation, les outils de e-santé pour suivre au plus près le patient".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)