Une campagne télé prépare l’interdiction du tabac

A partir du 1er janvier 2007, fumer ne sera plus autorisé dans la plupart des lieux publics. Pour préparer l'opinion publique, le ministère de la Santé a lancé une campagne télé, le 16 novembre, sur les dangers du tabagisme passif. Elle sera diffusée jusqu'au 6 décembre.

"Aujourd'hui, vous connaissez les risques du tabagisme passif" : c'est la signature de chaque spot télé de la nouvelle campagne de lutte contre le tabagisme passif. Présentée et lancée le jeudi 16 novembre par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, elle sera diffusée jusqu'au 6 décembre sur les chaînes hertziennes et câblées. Cette campagne a pour décor des scènes de la vie courante dans les années 1970. Elles illustrent le tabagisme passif au bureau, au restaurant et en voiture avec des enfants .

Plus de 40 substances cancérigènes dans une cigarette

Cette campagne pointe le décalage entre les connaissances de l'époque et celles de nos jours. "Ce qui pouvait être acceptable par le passé, dans une situation de méconnaissance scientifique, ne l'est plus aujourd'hui", a déclaré Xavier Bertrand. "Le tabac tue 66.000 fumeurs par an et 6.000 personnes sont victimes du tabagisme passif."

Comme le rappellent les spots télé, fumer augmente de 70% le risque d'infections pulmonaires chez les enfants, de 25% le risque de mourir d'un cancer du poumon, de 50% celui d'avoir une crise cardiaque.

Le gouvernement a volontairement fait coïncider le lancement de cette campagne avec la publication du décret sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics à compter du 1er février 2007. Cette mesure concernera "25 millions de personnes". Elle renforce considérablement la loi Evin de janvier 1991, laquelle posait l'interdiction de la cigarette dans les lieux publics tout en autorisant l'implantation de zones fumeurs.

Favoriser le sevrage tabagique

Pour accompagner ce nouveau dispositif, le gouvernement souhaite mettre l'accent sur les aides au sevrage grâce à un budget de 100 millions d'euros. "Un bon de 50 euros sera remis à toute personne qui en fera la demande auprès de sa caisse d'assurance maladie", a expliqué Xavier Bertrand. "Ce bon permettra l'achat des substituts nicotiniques pour un mois. Comme l'a fait remarquer le ministre, de nombreuses mutuelles prennent d'ores et déjà en charge les "patchs".

Suite au plan addictions présenté le 15 novembre, le nombre de consultations en tabacologie devrait également être augmenté pour passer à "1.000 contre 500 aujourd'hui". Le nombre de consultations de groupe devrait être multiplié par 8 pour atteindre 260 l'an prochain. En outre, 200 consultations individuelles supplémentaires devraient voir le jour, soit une hausse de 40%. L'objectif du gouvernement est d'aider "1,2 million de fumeurs à arrêter de fumer" en 2007. En trois ans, 1,4 million de personnes ont déjà arrêté.