Une campagne pour une contraception adaptée aux besoins

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé le 15 mai le lancement d’une campagne de communication grand public intitulée "La contraception qui vous convient existe". Réalisée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), elle vise à prévenir davantage les grossesses non désirées et à promouvoir "la bonne contraception, pour la bonne personne, au bon moment".

"La contraception qui vous convient existe." C’est le thème de la campagne de communication lancée le 15 mai par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Objectif : informer les Français sur la diversité des moyens de contraception disponibles, afin de permettre à chacun de choisir la solution la plus adaptée à sa situation. Elaborée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), cette campagne grand public s’inscrit au nombre des actions menées pour rendre "plus effectif" l’exercice du droit au choix de la grossesse, et "mieux informer et prévenir les grossesses non désirées", a expliqué Marisol Touraine.

"Chaque femme, chaque couple, doit pouvoir choisir la contraception qui lui correspond. Il est impératif de décider au regard de sa situation personnelle et affective, de son mode de vie, de son tempérament ou de ses antécédents médicaux", a estimé la ministre, rappelant que près des deux tiers des grossesses non désirées ont lieu sous contraceptif. Il faut pouvoir disposer de "la bonne contraception, pour la bonne personne, au bon moment", a-t-elle ajouté.

Spots radio, bannières, brochures…

Or, un "schéma contraceptif" semble dominer actuellement en France : il débute par l’utilisation du préservatif lors des premiers rapports sexuels, se poursuit par la prise de la pilule, puis par la mise en place d’un dispositif intra-utérin (DIU), généralement après une ou plusieurs grossesses. Pourtant, différents paramètres, comme le tabagisme féminin ou une grossesse récente, rendent plus judicieux des choix différents à certaines périodes de la vie.

C’est le message que véhicule cette campagne de communication, qui se décline sous la forme de quatre spots radio en métropole et deux dans les départements d’outre-Mer (Dom), diffusés entre le 18 mai et le 9 juin. Deux bannières seront également mises en ligne du 23 mai au 12 juin sur des sites Internet grand public. L’existence du site Internet choisirsacontraception.fr, sur lequel trouver de plus amples informations, sera notamment relayée par ce biais.

http://www.choisirsacontraception.fr
Un document d’information de l’Inpes sera, par ailleurs, publié dans la presse spécialisée destinée aux professionnels de santé. De son côté, la Haute Autorité de santé (HAS), chargée d’élaborer un "référentiel de bonnes pratiques" à leur intention, a rendu publiques le 15 mai plusieurs fiches "mémo" répondant à "sept situations cliniques qu’un professionnel de santé peut rencontrer dans son exercice" : contraception chez la femme adulte en âge de procréer, contraception chez l’adolescente, en postpartum, en post interruption volontaire de grossesse (IVG), chez l’homme, stérilisation chez l’homme et la femme, et contraception d’urgence.

Report des prescriptions

S’y ajoute "une fiche mémo reprenant les méthodes contraceptives et leur efficacité respective", précise la HAS, qui planche pour le mois prochain sur une nouvelle fiche consacrée à l’évaluation des risques cardio-vasculaires dans le cadre d’une contraception. Enfin, les professionnels de santé pourront commander auprès de l’Inpes une brochure intitulée "Choisir sa contraception", destinée aux patients.

A l’occasion du lancement de ce dispositif, Marisol Touraine est revenue sur les évolutions récentes en la matière, suite aux débats sur l’utilisation des pilules de 3e et 4e générations. La ministre a souligné la "baisse très modérée de 1,9 % des ventes globales de contraceptifs (hors préservatifs)" observée sur les trois premiers mois de l’année. La diminution a été nettement plus marquée s’agissant des ventes de pilules de 3e et 4e générations, avec une baisse de 37 % en mars par rapport à mars 2012.

"Les professionnels de santé ont fait évoluer leur prescription : les pilules de 1re ou de 2e générations, ainsi que d’autres moyens de contraception, notamment le stérilet, sont aujourd’hui plus régulièrement proposés aux femmes", a commenté Marisol Touraine. Pour autant, la ministre s’est montrée prudente quant à l’interprétation de ces chiffres, les dernières statistiques en termes d’interruptions volontaire de grossesses n’étant actuellement pas connues en totalité.

Anne Baudeneau

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