Un vaccin contre le papillomavirus pour les jeunes gays

Après les jeunes filles, la recommandation de vaccination contre le papillomavirus (HPV) s'étend aux jeunes homosexuels. Elle sera proposée dans les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic d’infections sexuellement transmissibles.

Jusqu'alors, la vaccination contre le papillomavirus (HPV) n'était destinée qu'aux jeunes filles. Désormais, le calendrier vaccinal 2017 du ministère de la Santé la préconise également pour les jeunes homosexuels.

Pourquoi les jeunes ? Tout simplement parce que "le vaccin doit dans l'idéal être administré avant les premiers rapports sexuels", explique L'Obs tout en rappelant ce qu'est le papillomavirus.

Selon le site de l'hebdomadaire, les papillomavirus humains (HPV) sont des virus sexuellement transmissibles infectant la peau et les muqueuses. On en compte 150 types différents, dont 40 sont susceptibles d'infecter les organes génitaux des hommes et des femmes.

Deux vaccins sont actuellement disponibles pour les jeunes filles, le Gardasil et le Cervarix. Un troisième vaccin nonavalent, c'est-à-dire efficace sur neuf types de papillomavirus, sera prochainement mis sur le marché, prévient Le Monde. Tous visent à réduire l'incidence des cancers du col de l'utérus.

Leur administration, recommandée entre 11 et 14 ans avec un rattrapage jusqu'à 19 ans révolus, a jusqu'à présent connu un faible succès, observe le quotidien.

Le taux de couverture vaccinale est en effet inférieur à 20%, score qui s'explique par "le contexte général de défiance envers les vaccins", mais aussi par certaines polémiques nées du rapport bénéfices-risques de ces vaccins.

Depuis le 24 avril, la direction générale de la Santé a étendu la recommandation de vaccination aux jeunes hommes de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Le vaccin sera proposé gratuitement dans des centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic d'infections sexuellement transmissibles (Cegidd) ainsi que dans les centres publics de vaccination, indique L'Obs. Son remboursement par l'assurance maladie pour les jeunes gays passant par un médecin de ville est, quant à lui, encore en discussion.

"La vaccination des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à 26 ans a été recommandée par un rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en février 2016", rappelle Le Monde.

Elle permet de réduire les risques de cancer anal (20 fois plus fréquents chez les homosexuels que chez les hétérosexuels) et de cancer du pénis.

Faute de mieux, la recommandation de vaccination a été fixée à un âge tardif. L'idéal eût été d'administrer le vaccin dès les 11-13 ans, comme pour les filles. Seulement, "demander à un garçon de moins de 15-16 ans de se déterminer sur ses préférences sexuelles est compliqué, c’est pourquoi nous avions souhaité une vaccination de tous les garçons", déclare, au Monde, Franck Barbier, responsable santé d’Aides. L'option d’une vaccination universelle des 11-13 ans quel que soit le sexe, reste, en tout cas, d'actualité puisque elle "a été retenue dans la stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030", souligne le quotidien.

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Frédéric Lavignette

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