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Un résident sur trois utilise son épargne pour financer son accueil en Ehpad

Les résidents des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont confrontés à d'importants restes à charge. Un tiers d'entre eux a déjà puisé dans son épargne pour faire face aux dépenses, indique une étude publiée le 27 novembre 2018 par la Drees.

Les seniors accueillis dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont soumis à un effort financier conséquent pour financer leur prise en charge. Une fois déduites les différentes aides perçues, leur reste à charge médian atteint 2.420 euros mensuels dans les établissements privés à but lucratif, indiquent les résultats de l'étude Care-Institutions publiée le 27 novembre 2018 par la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees).

Autrement dit, la moitié des personnes âgées accueillies dans les maisons de retraite à but lucratif s'acquittent d'une participation financière d'au moins 2.420 euros par mois. L'autre moitié se situe en dessous de ce seuil.

Dans les autres types d'établissements, le reste à charge médian est d'environ 1.800 euros. Plus précisément, ce montant est de 1.850 euros dans les établissements privés non-lucratifs, dont font partie les structures mutualistes, soit un niveau très proche des établissements publics hospitaliers (1.790 euros) et des établissements publics non hospitaliers (1.730 euros).

Mobiliser plusieurs ressources

Dans le même temps, l'étude rappelle que les retraités disposent d'une pension moyenne de 1.500 euros nets par mois, une somme qui ne couvre donc pas l'ensemble des frais. Face à ces restes à charge, seuls 35% des personnes déclarent avoir les ressources nécessaires. En conséquence, un tiers des résident (34%) a déjà été contraint d'utiliser son épargne pour financer sa prise en charge.

Craignant pour l'avenir, la moitié d'entre eux anticipe devoir puiser dans leur épargne "pour supporter le coût lié à sa perte d'autonomie", précise l'enquête. Un résident sur dix (11%) envisage même de vendre du patrimoine, contre 6% aujourd'hui. Près d'un quart des résidents prévoit de "mobiliser simultanément" plusieurs ressources", notamment vendre du patrimoine et demander de l'aide à l'entourage.

Cette problématique des restes à charge avait déjà été soulevée le 1er octobre par la Mutualité Française via son Observatoire 2018-Place de la Santé, dont la seconde édition est consacrée à la santé et à la perte d'autonomie. Ce document, qui analyse l'impact financier du vieillissement, a constitué une première étape dans la mobilisation du mouvement mutualiste en amont de la loi sur la dépendance prévue pour 2019. Comme elle l'avait fait pour le chantier du reste à charge zéro, la Mutualité Française fera des propositions fin 2018 sur ce thème.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)