Un Plan cancer contre les inégalités sociales de santé

Le 3e Plan cancer (2014-2018) sera dévoilé demain par le président de la République. Il devrait mettre l'accent "sur la lutte contre les inégalités sociales et territoriales face à une maladie qui reste la première cause de décès en France (près de 150 000 morts par an)", annonce Libération (page 13). En lançant les travaux préparatoires à ce nouveau Plan, en décembre 2012, le chef de l'Etat avait rappelé que "le risque de mourir d'un cancer entre 30 et 65 ans était deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les professions libérales".

Le Pr Jean-Paul Vernant, lors de la présentation de son rapport préalable au Plan cancer, avait appelé "à définir une politique exigeante de négociations avec les industriels pour déterminer, avec des réévaluations périodiques, le juste prix des innovations thérapeutiques". Il reprend ce cheval de bataille dans Le Journal du dimanche (page 15) : "Le prix des nouveaux anticancéreux a pratiquement doublé en dix ans. Un jour, on n'arrivera plus à les financer", dé­nonce ce professeur d'hématologie.

Cet expert plaide pour "un nouveau système de fixation des prix" des traitements. "Les pouvoirs publics doivent définir une politique exigeante de négociations avec les industriels, qui ont perdu toute notion de bénéfice moralement raisonnable", estime le Pr Vernant. Près de 200 médicaments anticancéreux sont approuvés par les autorités sanitaires et 900 molécules sont en cours de développement dans le monde, soulignent Les Echos (page 12).

Dans ce contexte, certains patrons de pharmacies hospitalières ou de centres anticancéreux privés ont lancé la chasse au "gaspillage médicamenteux", selon l'expression utilisée dans le JDD par le Pr Alain Astier, responsable de la pharmacie du CHU Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne). "Sur les notices, il est indiqué qu'une fois préparés, ils ne doivent pas être conservés plus d'un jour, précise le Pr Astier. En réalité, leur stabilité est bien supérieure : jusqu'à trois à six mois."

"Avant, quand un malade ratait sa chimio à cause d'une grève des transports, on jetait tout. Aujourd'hui, les chimios sont réattribuées, soit au même patient quelques jours plus tard, soit à un autre qui a besoin du même traitement", explique, dans le JDD, le Pr François Chast, patron de la pharmacie de l'hôpital Cochin-Hôtel-Dieu à Paris.

"Il n'y a aucun danger pour les patients, mais sur le plan réglemen­taire, la situation est difficile", ajoute-t-il. Certains de ses confrères préfèrent continuer à jeter les médicaments aux dates périmées. "Dans ce dossier, notre responsabilité n'est pas individuelle mais collective. C'est un problème d'exercice citoyen de la pharmacie", conclut François Chast.

A lire aussi dans la presse - Le régime social des indépendants contesté

Un groupe de travailleurs indépendants a entamé hier une marche de protestation entre Niort à Paris. Objectif : exiger "un nouveau mode de calcul des cotisations sociales". Appels de cotisations erronés, délais d'obtention d'une carte Vitale, incapacité à calculer les montants de retraite, difficultés à obtenir des indemnités journalières… la liste des sujets de mécontentements établie par les bénéficiaires du Régime social des indépendants (RSI), créé en 2008, s'allonge de jour en jour, souligne Le Figaro-économie (page 24).

Les trois-quarts des travailleurs indépendants ont été confrontés au moins une fois à un dysfonctionnement du RSI. 71% affirment que malgré les efforts en moyens matériels et humains, les services du RSI ne se sont pas améliorés au cours de ces dernières années. Au final, 87% des travailleurs indépendants estiment que sa mise en place constitue un recul dans leur protection sociale. "Avec 45% de dossiers en­core en attente de résolution, force est de constater que les difficultés sont récurrentes et très longues à résoudre", reconnaît, dans Le Figaro-économie, Jean-Guilhem Darre, délégué général du RSI.

John Sutton

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