Un peu moins de fumeurs en France

L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) a dévoilé mardi les résultats de son baromètre 2014 sur le tabac. Réalisée auprès de 15.000 personnes, l'enquête laisse apparaître des signes d'abandon du tabac encourageants, même s'ils sont encore trop timides.

D'abord, rapporte Le Monde (page 12), la France compte 34% de fumeurs dans sa population, quand la Grande-Bretagne en compte 20%.

Toutefois, le nombre de fumeurs réguliers est en diminution ces dernières années. En 2010, 29,1% des personnes interrogées déclaraient fumer tous les jours. En 2014, elles sont 28,2%.

En 2014, 29% d'entre elles ont déjà essayé d'arrêter, contre 25% en 2010. Parmi ces volontaires, 54% avaient entre 15 et 24 ans. C'est dans cette frange de la population que se constate également le plus grand nombre d'essais de cigarette électronique : 45% de ces jeunes l'ont en effet testée. Toutes classes d'âges confondues, ce sont 12 millions de personnes qui l'ont essayée en 2014.

"Sur l'ensemble des vapoteurs, 15% ont arrêté le tabac, au moins temporairement", écrit Le Monde. Pour François Bourdillon, directeur général de l'Inpes, "cela peut paraître faible, mais cela représente 400.000 personnes, ce qui n'est pas rien". Certains Français avouent fumer les deux types de cigarettes : ils sont 82% à déclarer avoir diminué le tabac de 8,9 cigarettes par jour grâce à la e-cigarette. Un comportement qui ne diminue pas les risques de développer un cancer, souligne le quotidien.

Il reste encore "un flou sur l'innocuité à long terme du vapotage. Les études sont souvent contradictoires". Une chose est certaine, la vapeur de la cigarette électronique contient de 9 à 450 fois moins de substances toxiques que la fumée traditionnelle.

Le ministère de la Santé poursuit son combat contre la cigarette, notamment à travers un programme de réduction du tabagisme présenté le 25 septembre. Alors que le tabac tue chaque année environ 73.000 personnes, son objectif est de réduire le nombre de fumeurs de 10% d'ici à 2019, indique le quotidien.

Mardi, Marisol Touraine a annoncé que les mesures envisagées dans ce programme (paquets de cigarettes neutres, interdiction de fumer en voiture en présence d'enfants de moins de 12 ans, pictogramme "femmes enceintes" sur les paquets...) seront intégrées par amendement au projet de loi santé qui sera examiné à partir du mois d'avril au Parlement. Et pour éviter d'en faire "une porte d'entrée vers le tabac", plusieurs dispositions du texte viseront la cigarette électronique : il ne sera plus possible de l'utiliser dans certains lieux publics, et les arômes artificiels contenus dans les e-liquides pourraient être interdits.

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Pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB, la France vient d'obtenir de Bruxelles un délai supplémentaire de deux ans. Par conséquent, notent Les Echos (page 5), "la prochaine campagne présidentielle française aura un invité inattendu en la personne de la Commission européenne".

Le pays espérait plutôt un délai de trois ans, poursuit Le Figaro (page 19), "histoire d'éviter les affres d'un potentiel bras de fer budgétaire en pleine course à l'Elysée". Cela dit, écrivent Les Echos, "François Hollande aurait toutefois tort de bouder son plaisir, puisque ce nouveau report, après celui de 2013, irrite déjà bien des pays du nord de l'Europe".

Pour parvenir à cette réduction du déficit, des efforts seront encore nécessaires. D'ici à mai-juin, la France devra présenter un projet de 3 à 5 milliards de nouvelles économies pour baisser de 0,5 point de PIB le déficit structurel en 2015 et éviter la mise en place de sanctions de la Commission. Mais d'ici là, prévient Le Figaro, la France devra établir, en avril, un programme de réformes structurelles "ambitieux et plus détaillé", selon les termes de Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques.

Frédéric Lavignette

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