Un nouveau compte mobile pour les salariés

Le Premier ministre a présenté hier des mesures destinées à relancer l'investissement dans les entreprises. Ainsi, explique Libération (pages 12 et 13), l'exécutif entend remédier au "manque d'engouement des entreprises, que ni le crédit d'impôt compétitivité emploi (10 milliards d'euros versés en 2014) ni la perspective de nouveaux allégements à venir (30 milliards d'ici 2020) ne tendent à dynamiser".

Ce nouveau "coup de pouce fiscal d'un montant de 2,5 milliards d'euros", précise Le Parisien/Aujourd'hui (page 5), vise les entreprises qui auront réalisé des investissements industriels. Toutefois, poursuit le quotidien, l'aspect social n'a pas été oublié, notamment avec l'annonce de la création, pour 2017, du compte personnel d'activité (CPA), un dispositif qui vise à garantir une meilleure protection en cas de mobilité professionnelle des salariés.

"A l'heure où les carrières sont hachées, écrit Le Figaro (pages 20 et 21), permettre aux Français de conserver leurs droits lorsqu'ils changent d'entreprise ou traversent une période de chômage a du sens." Depuis le 1er janvier, note le quotidien, le compte personnel de formation et le compte pénibilité sont entrés en vigueur. Le futur CPA fusionnerait ces deux comptes, auxquels serait joint le compte épargne-temps, qui deviendrait donc portable, et éventuellement les droits rechargeables à l'assurance-chômage.

Le futur CPA ne sera donc "pas juste une enveloppe, il y aura de nouveaux droits", indique-t-on à Matignon, rapportent Les Echos (pages 2 et 3). Des liens se feront entre les comptes, ajoute Le Figaro. Par exemple, "des jours accumulés sur le compte épargne temps pourraient être transformés en jours de formation". Pour l'heure, note le quotidien, "les mutuelles et la prévoyance ne seraient pas intégrées immédiatement – cela serait trop complexe".

La création de ce compte personnel, écrit Le Monde (page 7), devrait figurer dans le projet de loi Rebsamen, qui sera présenté en Conseil des ministres le 22 avril. Elle devrait satisfaire l'aile gauche du parti socialiste, et en particulier "Martine Aubry, qui l'avait réclamé de longue date". Du côté du Medef, complètent Les Echos, "l'idée de ce compte ne déplaît pas". On la trouve "intéressante et intelligente" et l'organisation patronale se dit prête à travailler sur cette mesure, "si c'est pour aller vers davantage de flexisécurité".

Frédéric Lavignette

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