croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Un médecin contre les laboratoires

"Si je parle aujourd'hui, c'est pour contribuer à réduire les accidents médicamenteux, qui tuent au moins 18.000 personnes par an en France, et pour proposer des pistes de réflexion pour réformer le système", explique dans Libération (page 12), le Dr Bernard Dalbergue. Ce médecin est l'auteur d'un livre accusateur qui paraît demain ("Omerta dans les labos pharmaceutiques", éditions Flammarion).

Il y dénonce les "pratiques douteuses" de cette industrie où il a travaillé pendant vingt ans. D'abord comme cadre au marketing, puis aux affaires médicales, le Dr Dalbergue était chargé de "dorloter" les "leaders d'opinion", ces prestigieux médecins hospitaliers capables de faire ou de défaire la carrière d'un médicament. C'est-à-dire, selon ses mots, d'"inventer les moyens les plus tordus pour les acheter en toute discrétion" : déjeuners, invitation grand luxe à des congrès, contrats de consultants ou de participation à des travaux scientifiques…, détaille Libération. Bref, entretenir les fameux "conflits d'intérêts", que l'on retrouve régulièrement pointés dans les scandales sanitaires, résume le quotidien.

"Ces pratiques d'influence sont moralement discutables et coûtent cher à la Sécu, mais elles sont autorisées par la loi, souligne ce médecin. Et elles n'ont pas de conséquences sanitaires tant que les molécules dangereuses ne sont pas commercialisées ou maintenues sur le marché." Tout a basculé lorsque le Dr Dalbergue a acquis la conviction que son dernier employeur, l'américain Merck avait "foulée aux pieds l'éthique" en "mettant en danger les patients" avec le Virafronpeg®, un médicament contre l'hépatite C, rapporte Libération (page 13).

"Indirectement, ce sont les labos qui font et défont nos carrières", es­time, dans un entretien au même quotidien (page 14), Jean-François Bergmann, ancien vice-président de la commission de mise sur le marché de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). "Pour avoir de l'avancement et des budgets de recherche, un praticien hospitalier doit signer des publications scientifiques, explique-t-il. Pour cela, il faut participer aux essais cliniques, qui sont presque tous réalisés par l'industrie, faute d'argent public."

Comment remédier à cette situation ? "Il faudrait que les médecins qui travaillent presque bénévolement pour les agences, soient aussi valorisés dans leur carrière que ceux qui collaborent avec les labos", considère le Pr Jean-François Bergmann. La situation s'est-elle améliorée depuis l'affaire du Mediator® ? "Au niveau des agences, c'est clair. Il y a une plus grande transparence […] et une meilleure prise en compte des liens d'intérêts pour renforcer l'indépendance", conclut-il.

 

Retravailler après un cancer

Le troisième Plan cancer sera présenté ce matin par le président de la République. Il comporte un volet qui concerne la réinsertion professionnelle des patients, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (pages 12 et 13). Un retour au travail souvent difficile, alors qu'il concerne de plus en plus de personnes, car le taux de guérison est en constante augmentation. En effet, 67% des malades touchés par un cancer sont à leur poste deux ans après le diagnostic et 80% d'entre eux retravaillent après la maladie.

Après huit mois d'arrêt pour soigner son cancer du sein, Laurence, cadre dans les ressources humaines, s'apprête à retrouver son bureau. "Je vais reprendre à temps partiel, en douceur, pendant trois mois", témoigne-t-elle dans Le Parisien (page 12). "Ce qui est certain, c'est que je ne veux plus avoir la tête dans le guidon... ou dans mon PC plutôt. Les contraintes financières existent, bien sûr, mais le travail n'est plus toute ma vie", confie-t-elle.

A Lyon, une consultation spécialisée dans les cancers professionnels accueille les patients afin de déterminer si leur maladie a un lien avec leur travail. "D'après l'InVS, entre 4 et 8,5% des nouveaux cas de cancer seraient d'ori­gine professionnelle, précise, dans Libération (page 17), le Dr Béatrice Fervers, qui exerce dans ce centre spécialisé. Mais cette origine reste trop sous-diagnostiquée. (…). Or, mieux identifier ces expositions à des substances cancérigènes permet de mieux les prévenir, d'inciter les entreprises à être plus vigilantes…"

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)