Un mauvais sommeil nuit

En ne dormant que quatre heures par nuit, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a visiblement quelques problèmes de sommeil. C'est du moins ce qu'il a déclaré en présentant hier un programme d'action pour aider les vingt millions de Français qui, comme lui, dorment mal.

Ainsi, annonce Le Figaro (page 11), 7 millions d'euros seront prochainement consacrés au sommeil " afin d'améliorer l'éducation et la prévention, renforcer l'offre de soins et développer la recherche ". De telles mesures ne peuvent que satisfaire le Pr Pierre Philip, responsable de la clinique du sommeil au CHU de Bordeaux.

Ce physiologiste considère en effet que " les enjeux liés au sommeil sont clairement liés à la santé publique " et que de nombreux cas de somnolence constatés en journée chez certains sujets traduisent de réels troubles. Reste à savoir lesquels. 
En effet, reconnaît-il dans La Croix (page 5), tout le monde ne souffre pas des mêmes maux. "

Globalement, la somnolence excessive touche environ 20% de la population à des degrés variables, dont 5% à un degré très sévère. Le deuxième élément à prendre en compte est le fait qu'il existe des maladies spécifiques du sommeil. Il s'agit d'abord des maladies qui vont empêcher la personne de dormir. La plus fréquente est bien sûr l'insomnie, mais on peut citer le syndrome des jambes sans repos.

"Par ailleurs, indique ce spécialiste, d'autres maladies provoquent des excès de sommeil, telle que la narcolepsie, ou au contraire fragmentent le sommeil, comme le font les syndromes d'apnée. Pour cette pathologie qui atteint 2,5 millions de Français dont seulement 500 000 en ont conscience, le ministre de la Santé a annoncé un plan de recherche approfondi, indique Le Figaro. Ainsi, la recherche de ce syndrome devra figurer dans le bilan de santé de toute personne qui part à la retraite, " tout comme dans la consultation de prévention des personnes âgées."

Généralement, l'obésité et l'augmentation de l'espérance de vie sont les facteurs de développement de cette maladie. Mais cette dernière ne se manifeste pas seulement par des perturbations du sommeil ou une grande fatigue répercutée dans la journée. Elle augmente aussi la tension artérielle et le risque d'attaques cérébrales. 
Il existe bien des remèdes, tels que des masques à pression positive, afin de limiter les interruptions respiratoires qu'occasionne ce syndrome pendant la nuit. Mais encore faut-il parvenir à diagnostiquer le symptôme.

Pour cette raison, Xavier Bertrand souhaite " améliorer les connaissances des médecins pour les aider à faire la différence entre un simple trouble du sommeil […] et une pathologie spécifique ", précise La Croix. Un document d'aide au diagnostic leur sera par conséquent remis prochainement.

D'autres informations seront diffusées auprès du public afin notamment de limiter le recours trop régulier aux médicaments psychotropes. Enfin, le ministre compte développer les centres de traitement du sommeil en régions et envisage la possibilité de sieste au travail…

A lire aussi - Grippe aviaire : le retour

L'accalmie fut de courte durée, mais la pandémie de grippe aviaire semble installée en Europe, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). En effet, la Hongrie vient de constater le retour du virus H5N1 dans un élevage d'oies. Dès l'annonce de la découverte, le 24 janvier, près de 3.300 oies de l'élevage infecté ont été abattues. Une précaution sage justifie le gouvernement hongrois puisque le virus est identique à 99,4 % à celui isolé l'hiver dernier."

Ce qui veut dire qu'il est parvenu à s'installer sur le Vieux Continent ", traduit Le Parisien/Aujourd'hui. 
L'inquiétude s'étend car la menace de pandémie reste bien présente. La mission parlementaire d'information sur la grippe aviaire rencontre aujourd'hui le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, " pour faire le point sur l'état de préparation de la France au risque pandémique ", signale ce quotidien.

Toutefois, relève La Croix (pages 13 à 15), la mobilisation contre la grippe aviaire s'est toujours maintenue au niveau mondial. Ainsi, signale le quotidien, l'Organisation mondiale de la santé animale envisage une grande campagne de vaccination sur plusieurs millions de volailles égyptiennes, ce pays étant devenu, en dehors de l'Asie, le principal foyer de développement du virus.