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Un étudiant sur quatre souffre de difficultés psychologiques

Une étude rendue publique par La Mutuelle des étudiants (LMDE) révèle que 17% des étudiants sont en situation de "mal-être" et que 8% souffrent de troubles psychologiques sévères. Présentée fin novembre, cette enquête montre que près des trois quarts de ces jeunes sont des filles.

Ce sont les filles qui sont les plus touchées puisqu'elles représentent près des trois quarts (72,1%) des étudiants en situation de "mal-être". C'est l'un des enseignements d'une récente enquête sur la santé mentale réalisée par La Mutuelle des étudiants (LMDE) sur 1.100 étudiants. "Notre ambition était de réaliser une enquête d'envergure nationale pour susciter le débat autour de ce problème méconnu de santé publique", a expliqué, le 28 novembre, Damien Berthilier, président de la LMDE, lors d'une conférence de presse.

Cette vaste étude a ainsi permis de répartir la population estudiantine en trois groupes. Le premier réunit les "bien portants", largement majoritaires (75%). Deuxième profil : les personnes en situation de "mal-être"(17%). Celles-ci présentent "une souffrance psychologique diffuse ou réactionnelle à une situation difficile", indique l'étude. Cet état se manifeste par "l'anxiété, la dépression ou la phobie d'une durée inférieure à trois mois", précise le Dr Roland Cecchi-Tenerini, directeur général adjoint de la LMDE. Enfin, une petite partie des jeunes souffre de problèmes plus graves (8%) et de plus longue durée tels que des "troubles sévères de l'anxiété et de l'humeur". Ainsi, 25% des étudiants sont atteints de problèmes psychologiques, plus ou moins graves.

Conditions de vie étudiantes et mal-être

L'enquête relève également que les jeunes en situation de mal-être sont plus nombreux à l'université que dans un autre établissement d'études supérieures, comme une école ou un institut universitaire technologique (64% contre 52%). Par ailleurs, davantage de personnes en mal-être ou ayant des troubles sévères ont changé de cursus (respectivement 32% et 28%). Ce taux est de 21% pour les autres étudiants. L'enquête constate aussi que plus les étudiants sont en mauvaise santé mentale, plus ils doutent de leurs chances d'insertion professionnelle.

A ces difficultés s'ajoutent des problèmes pour tisser des liens sociaux. Ainsi, les personnes en mal-être et les anxieux-dépressifs sévères sont "moins nombreux à déclarer avoir quelqu'un sur qui compter en cas de crise". Plus inquiétant : 62% des jeunes ayant des troubles sévères et près d'un étudiant sur cinq en mal-être (19%) ont récemment eu des idées suicidaires. "Il faut éviter que les troubles dépressifs ne s'installent dans la durée afin de prévenir le passage à l'acte", explique Dominique Monchablon, psychiatre et responsable du Relais étudiants lycéens de Paris (Fondation santé des étudiants de France).

Renforcer la médecine préventive

Cette étude apporte aussi un éclairage précis sur les conditions de vie des étudiants. Ceux qui sont "en situation de mal-être vivent plus chez leurs parents que les deux autres groupes". De plus, seul un étudiant sur deux présentant des troubles, quelle que soit leur sévérité, dispose de revenus suffisants pour financer ses études sans exercer d'activité professionnelle. "L'aggravation de la précarité pèse sur le moral des étudiants", rappelle la psychiatre.

Ces résultats légitiment l'action de la LMDE pour améliorer la santé des étudiants. En matière d'accès aux soins, cette mutuelle souhaite développer des structures d'accueil et de proximité où les étudiants pourraient raconter leurs souffrances. "Nous sommes en attente d'une refonte des services de médecine préventive universitaire", souligne Damien Berthilier.

Mais pour cela, il est nécessaire d'augmenter les moyens humains et financiers. Le budget de "1 ou 2 millions d'euros" consacré à la médecine préventive dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008 "ne suffit pas", déplore Damien Berthilier.

Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)