Un avenir assuré pour La Mutuelle des étudiants

La Mutuelle des étudiants (LMDE) trouve une porte de sortie", titre ce matin Le Parisien/Aujourd'hui (page 7). Selon le quotidien, ce groupement mutualiste, en proie à d'importantes difficultés financières a "sinon sauvé sa tête, du moins sauvé son âme".

Hier, à l'occasion d'une assemblée générale extraordinaire, ses délégués ont voté à l'unanimité un plan de sauvegarde présenté par l'administratrice provisoire, Anne-Marie Cozien. Celui-ci prévoit d'adosser à la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) les activités relevant du régime obligatoire des étudiants affiliés. Autrement dit, indique Le Parisien, "c'est l'assurance maladie qui constituera le dossier du bénéfi­ciaire, c'est elle qui remboursera les frais de santé, elle encore qui se chargera de l'accueil téléphonique sur un numéro spécial et enfin elle qui assurera l'accueil physique des étudiants".

En revanche, précisent Les Echos (page 7), "la LMDE conserverait les opérations d'affiliation et de prévention".

Dans cette perspective, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui, un mouvement de personnel de la mutuelle à la Cnam est envisagé, notamment celui de "450 à 480 équivalent temps plein sur les 550 que compte encore la LMDE, et ce, sans perte de salaire et sans contrainte de mobilité".

La seconde résolution votée par l'assemblée générale concerne l'activité de régime complémentaire. Il s'agit de l'adoption du projet présenté par Intériale, "désireuse de devenir sa nouvelle mutuelle substituante". Comme le rappellent Les Echos, la LMDE a "besoin de s'appuyer sur une autre mutuelle qui assume ses obligations de solvabilité à sa place".

Intériale s'est déclarée "partante pour mettre une ligne de trésorerie à disposition de la mutuelle". Dans le cadre de ce nouveau partenariat, c'est donc Intériale qui gérera l'activité complémentaire et garantira le risque. Que ce soit pour les activités obligatoires ou complémentaires, tout sera géré en marque blanche pour le compte de la LMDE. Le projet présenté par Intériale prévoit en outre une batterie de services supplémentaires parmi lesquels la création d'un réseau de soins.

A lire aussi – Nouvel appel pour la consultation à 25 euros

Un deuxième syndicat de généralistes, l'Unof-CSMF appelle à surfacturer les consultations. A partir du 15 mai, a annoncé hier son président Luc Duquesnel dans Le Quotidien du médecin, les généralistes sont invités "à informer les patients qu'au-delà d'un seul motif de consultation et en dehors des urgences, le tarif pratiqué sera supérieur aux 23 euros de base".

Cette invitation illégale à augmenter de 2 euros le tarif de la consultation survient après celle lancée fin mars par MG-France. "En représailles, l'assurance maladie a commencé à envoyer des lettres de rappel à l'Ordre", indique Le Figaro (page 20). Pour Claude Leicher, président de MG-France, "si l'assurance maladie réagit, c'est que nous sommes plus de mille à suivre le mot d'ordre tarifaire". De son côté, la Sécu recense 900 contrevenants. Avec cette "révolte tarifaire", analyse Le Figaro, les représentants de médecins cherchent à "forcer l'assurance maladie à sanctionner l'un des leurs". En effet, "tous ont en mémoire la mobilisation de 2002 où ils avaient finalement obtenu une hausse tarifaire après avoir fait bloc suite à la sanction d'un praticien".

"Les négociations tarifaires entre l'assurance maladie et les syndicats débuteront après les élections, au plus tard donc au premier semestre 2016", rappelle Le Figaro, qui précise : "Les médecins ne veulent pas attendre, alors que les pouvoirs publics seront tentés de tout faire pour repousser au maximum l'ouverture des discussions."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)