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Très chers appareils dentaires !

"Traitements à rallonge, factures salées… les dérives sont légion dans ce secteur très lucratif. Sans que cela émeuve la Sécu", dénonce Capital dans son numéro de décembre (pages 98 à 100). Plus de 1,5 million d’enfants de moins de 16 ans ont été pris en charge en 2012, mais les soins s’étalent sur une longue période, en général deux ou trois ans, facturés forfaitairement par semestre. Et dans ce domaine, les remboursements de l’assurance maladie sont faibles : 193,50 euros par semestre pour une facture moyenne de 650 euros, voire 970 euros à Paris ! Ce sont surtout les organismes complémentaires et les assurés qui paient.

Les "experts du fil de fer", comme les surnomme le mensuel économique, ont en outre la chance d’être peu nombreux : 2.200 sur 40.800 chirurgiens-dentistes. "On a du mal à en recruter, car très peu sont formés chaque année", souligne Jean-Marc Lecomte, directeur de la branche dentaire du Réseau national des centres de santé mutualiste.

Le montant global des honoraires des orthodontistes s’est envolé de 42% entre 2004 et 2012 ! La moitié des professionnels touchent plus de 400.000 euros d’honoraires par an, deux fois plus que les omnipraticiens, souligne Capital. Les honoraires des 10% les mieux payés sont supérieurs à 1,1 million d’euros.

Pour obtenir de telles rémunérations, les orthodontistes allongent parfois la durée des traitements. "Il n’est pas rare que les soins s’étalent sur trois ans, alors qu’on pourrait souvent se limiter à deux ou à deux ans et demi", estime un organisme complémentaire.

Il faut dire que le système incite à la dépense. La Sécurité sociale rembourse jusqu’à six semestres de soins dits "actifs", c’est-à-dire avec appareil, à chaque enfant de moins de 16 ans qui en fait la demande. Du coup, "certains professionnels font en six semestres ce qu’ils pourraient finir en quatre !", dénonce Santéclair, qui a décidé de contrôler systématiquement la pertinence des soins au-delà de deux ans.

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"Qu’en est-il de la situation en France ?", interroge Eric Favereau dans Libération (page 13), à la veille de la Journée mondiale du sida. "Le climat est maussade car, paradoxalement, alors que l’épidémie continue à être inquiétante chez les gays, jamais le tissu associatif n’a paru aussi fragile, déstabilisé, en manque cruel de financements", écrit le journaliste de Libé. Déjà, plusieurs associations ont fermé leurs portes et les plus importantes évoquent des changements radicaux.

"Les raisons ? Elles sont multiples bien sûr", estime Christian Saout, qui a présidé de 2007 à 2012 l’association Aides, l’une des principales associations de lutte contre le sida. "Sur le financement, la cause est claire : les pouvoirs publics ne veulent pas faire le switch", indique-t-il. Comprenez : passer des crédits d’intervention à une pérennisation des financements publics. "On voit clairement notre incapacité à concevoir un modèle de prise en charge adapté aux maladies chroniques", explique Christian Saout. L’association Aides risque de connaître des temps difficiles, car elle a perdu un quart de ses financements publics entre 2008 et 2013, déplore son président, Bruno Spire.

Pour sa part, Onusida réunira, dimanche à Washington, les donateurs du Fonds mondial contre le sida, pour déterminer leur contribution, annoncent Les Echos (page 7). Les médicaments contre le VIH vendus directement par les laboratoires peuvent l’être à prix coûtant dans les pays en développement. Cependant, "maintenant que l’Inde, producteur de 80% des génériques de médicaments contre le sida, a adhéré à l’OMC [Organisation mondiale du commerce, NDLR], les nouveaux antirétroviraux y sont aussi protégés par des brevets, ce qui diffère l’apparition des génériques", explique, dans Les Echos, Rohit Malpani, spécialiste de l’accès aux médicaments essentiels chez MSF.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)