Treize médicaments « à bannir »

Les effets indésirables entraînés par la publication de la liste des 77 médicaments sous surveillance semblent persister. En effet, à en croire Le Parisien/Aujourd’hui (page 31), l’initiative du ministère de la Santé du 31 janvier dernier s’est transformée en confusion généralisée, alors qu’elle visait un objectif de "transparence".

Les patients sont les premières victimes de cet inventaire. Désormais, indique le Pr Pierre Joly, membre de l’Académie de médecine, "un patient sur six ne prend plus ses médicaments par défiance". Les pharmaciens en subissent le contrecoup, puisqu’ils doivent "passer du temps à les convaincre qu’il est dangereux pour leur santé d’arrêter un traitement". Quant aux médecins, ils ne sont pas non plus épargnés. Selon leur ordre, les praticiens ne cessent de "se faire insulter par les malades qui les accusent de les empoisonner".

Pour calmer les esprits, le ministère de la Santé se voit contraint de réagir. Ainsi, annonce le journal, il "prépare une deuxième version de sa liste réactualisée". D’après Jean Gardette, chef du département de l’évaluation thérapeutique à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), cette liste devrait faire "davantage de pédagogie afin d’expliquer plus clairement aux patients ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas".

De son côté, le mensuel Science & Vie, dans son édition de mars, dresse une liste de 13 produits dangereux. Dans un dossier auquel ont participé les spécialistes de la Mutualité Française ainsi que les pharmaciens et médecins de la revue Prescrire, cette revue inventorie "les 13 médicaments à bannir". Ces 13 produits font partie des 200 médicaments les plus remboursés par l’assurance maladie (Cnam) et par les mutuelles.

Ainsi, l’antidiabétique Actos® "ne réduit ni la morbidité ni la mortalité du diabète". En revanche, sa prise occasionne chez les patients de fréquents œdèmes et accès d’hypoglycémie. Alors qu’il est censé lutter contre l’arthrose de la hanche et du genou, pour sa part, l’Art 50® occasionne des effets secondaires sur le système digestif et le foie. Des inconvénients que présente également le Chondrosulf®.

Pour les dépressifs, le Cymbalta® est aussi à déconseiller au point de faire "l’objet d’un plan de gestion des risques". Outre le fait qu’il provoque de fortes dépendances, comme tous les opioïdes faibles, l’antidouleur Ixprim® "semble associé à des risques de convulsions et d’hypoglycémie", prévient Science & Vie.

Januvia® et Xelevia®, tous deux prescrits dans le contrôle de la glycémie des patients diabétiques de type 2, présentent non seulement un service médical rendu (SMR) faible mais comportent des risques de réactions d’hypersensibilité grave, d’infection et peut-être même de pancréatites aiguës.

L’anti-inflammatoire Nexen®, lui, expose à "de rares mais très graves hépatites". Commercialisé par le laboratoire Servier, le Protelos® multiplie de son côté les risques. Indiqué pour l’ostéoporose post-ménopausique, il est susceptible d’entraîner des lésions de la peau, des atteintes respiratoires, des troubles digestifs, psychiques, des risques d’embolies pulmonaires et des thromboses veineuses. L’antidépresseur Stablon®, également fabriqué par Servier, peut créer un état de dépendance, au même titre qu’un stupéfiant.

Le Structum® ne soigne pas vraiment l’arthrose, mais occasionne de "rares œdèmes de Quincke". Les effets indésirables du Vastarel® sont, quant à eux, tellement nombreux que "cette vieille spécialité" fait l’objet d’une "vigilance renforcée". Enfin, le Zyprexa®, censé lutter contre la schizophrénie et les troubles bipolaires, doit être banni pour les risques d’hyperglycémie et d’obésité sévères.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)