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Travailler plus pour sa retraite

Vendredi, un « accord de principe » a été trouvé entre le patronat et trois syndicats, afin de renflouer les caisses de l’Agirc (cadres) et de l’Arrco (tous les salariés), dont les réserves menacent de s’épuiser (dès 2018 pour l’Agirc, dès 2027 pour l’Arrco).

Le terrain d’entente trouvé entre le Medef et la CFDT, la CFTC et la CGC permettra de dégager plus de 6,1 milliards d’euros d’économies d’ici à 2020, mais en contrepartie les salariés devront travailler plus longtemps, prévient Le Parisien/Aujourd’hui de samedi 17 octobre (page 7). En effet, la mesure phare de l’accord prévoit la mise en place à partir de 2019 d’un système de « bonus-malus » en lien direct avec la durée de cotisation.

Si l’accord est définitivement adopté le 30 octobre, tout salarié qui aura cotisé 41,5 années ne pourra plus toucher sa pension à taux plein à l’âge légal de départ en retraite (62 ans) puisque « sa retraite complémentaire sera amputée de 10% par an durant trois ans ». Il lui faudra par conséquent attendre 65 ans pour profiter complètement de sa retraite.

« Seuls les salariés exonérés de CSG seront exclus du mécanisme des coefficients de solidarité, poursuivent Les Echos (pages 4 et 5). Ceux soumis à un taux réduit verront leur malus réduit à 5%. Au total, ces deux populations représentent 30% des retraités, indique la CFDT. Les bénéficiaires des carrières longues n’auront, en revanche, pas de traitement de faveur. Ils devront eux aussi prolonger d’un an leur activité s’ils ne veulent pas subir le malus. »

En somme, remarque Le Figaro de samedi (page 20), cet accord équivaut à « un report de l’âge légal qui n’en porte pas le nom ». Le patronat, qui a « dès le début voulu repousser l’âge de départ à la retraite », peut donc être satisfait, et cela même si les décotes qu’il suggérait avant l’accord étaient supérieures à 10%.

« En réalité, observe le quotidien, le Medef a fini par adapter sa proposition initiale aux volontés de la CFDT, dont la signature est indispensable à un accord. Alors que le patronat voulait appliquer les décotes en fonction du seul âge légal de départ (62 ans), il a ajouté un critère de durée de cotisation, cher à la centrale réformiste. »

Pour le gouvernement, explique Le Monde (page 12), ce « deal » syndical, « obtenu à l’arraché, tombe à point nommé ». Il lui permet, avant la conférence sociale qui doit s’ouvrir aujourd’hui, « de contredire tous ceux qui, à la suite de l’agression de deux cadres d’Air France, fustigeaient les syndicats et concluaient à la mort du paritarisme. »

A lire aussi dans la presse

Les ACS sont en hausse

Selon la dernière lettre d’information du Fonds de financement de la couverture maladie universelle (Fonds CMU), le nombre de bénéficiaires de l’aide à l’acquisition de la complémentaire santé (ACS) a augmenté de 13,5% par rapport à l’an dernier à la même époque. Sur les douze derniers mois, le dispositif enregistre donc 1,31 million de bénéficiaires. « L’impact de l’entrée en vigueur de la réforme de l’ACS au 1er juillet 2015 sur les effectifs ACS sera suivi avec la plus grande attention sur les prochains mois », indique le Fonds CMU. Ces personnes, rappellent Les Echos (page 31), disposent de ressources trop élevées pour prétendre à la CMU, mais trop insuffisantes pour bénéficier d’une complémentaire santé. L’ACS leur permet ainsi de réduire annuellement leur cotisation de 100 euros (pour les moins de 16 ans) à 550 euros (pour les plus de 60 ans). Depuis le 1er juillet, les nouveaux bénéficiaires doivent choisir leur contrat dans une liste de onze offres sélectionnées par les pouvoirs publics pour leur rapport qualité-prix, expliquent Les Echos. Près de 230 organismes proposent l’un de ces nouveaux contrats, un chiffre qui s’explique par la possibilité d’une coassurance entre les opérateurs.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)