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Toilettes à l’école : un état des lieux inquiétant

Près de la moitié des élèves (48,5%) ne se rendent aux toilettes de l’école que lorsqu’ils ne peuvent pas faire autrement. Et 7,2% d’entre eux disent ne jamais les utiliser, alors que près de la moitié sont demi-pensionnaires. Les médecins, eux, conseillent de s’y rendre cinq à six fois par jour.

C’est la croissance du nombre d’accidents survenus dans les toilettes - 340 en 2006-2007, contre 298 l’année précédente - qui a amené l’Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS) à enquêter sur les sanitaires de l’école primaire. Son étude, menée auprès de 817 enseignants et de 24.781 élèves de CM1 et de CM2, dresse un constat inquiétant : les élèves ne se rendent pas assez souvent aux toilettes de l’école et cela peut avoir de graves conséquences pour la santé, voire constituer une cause d’échec scolaire.

C’est sale, ça sent mauvais !

Les élèves évitent d’utiliser les installations scolaires pour diverses raisons. Ils les trouvent tout d’abord peu accueillantes (50,4%). Pour les trois quarts d’entre eux, les sanitaires sentent mauvais. Pas moins de 57% des enfants signalent le manque de propreté. Ils déplorent également le manque d’éclairage (22%) et de chauffage (30%).

En outre, 14,4% des élèves avouent avoir eu peur aux toilettes, pour deux raisons principales. La première tient aux systèmes de verrouillage. Les enfants se plaignent de leur absence ou de leur mauvais fonctionnement ; ils sont nombreux à mentionner la peur d’être enfermés. La seconde, c’est le comportement des élèves : voyeurisme, bousculades, bagarres, moqueries. Cette peur est aussi liée au manque d’hygiène et de propreté et à l’état des lieux (manque d’éclairage, sol glissant…).

Les chiffres confortent cette impression des enfants. On note l’absence de verrou dans 10% des écoles. Et celle de patères dans 78,6% des sanitaires. Les toilettes ne disposent pas de balayettes dans plus de la moitié des établissements (55,8%) ni de poubelle dans les toilettes des filles (76,4%). On note aussi que les sanitaires ne font l’objet d’aucune surveillance spécifique dans 69,2% des établissements !

Il faut boire régulièrement

La non-fréquentation des toilettes peut avoir des conséquences non négligeables sur la santé. "Je reçois régulièrement des enfants qui se plaignent de maux de ventre parce qu’ils n’ont pas été aux toilettes. Ils souffrent parfois de constipation, explique la Dre Catherine Stehelin-Gaudillat, généraliste à Paris. L’abstinence peut également entraîner des problèmes de fuites et d’infections urinaires chez les petites filles."

Pour ce médecin, la solution tient à l’éducation. "Les enseignants qui sont au contact des enfants durant une grande partie de la journée doivent avoir le même rôle éducatif que les parents, estime-t-elle. Ils doivent inciter les enfants à boire et à aller aux toilettes fréquemment, à chaque récréation."

Les parents doivent eux aussi s’impliquer, même si, actuellement, le message semble encore difficile à faire passer auprès de l’administration. Ils peuvent vérifier le bon état des toilettes (présence de papier toilette, essuie-mains, verrous, portes) et s’informer sur leur surveillance et la fréquence des nettoyages. Ils doivent également dialoguer avec leur enfant et observer son comportement lorsqu’il rentre de l’école. Un écolier qui se précipite systématiquement dans les toilettes dès son retour à la maison s’est peut-être retenu toute la journée !