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Tiers payant : vers une reculade du gouvernement ?

A la lecture des journaux ce matin, on ne sait plus qui croire au sujet de la généralisation du tiers payant. Lundi, à la suite d'un article des Echos annonçant la possible remise en cause de cette mesure par le gouvernement, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, démentait l'information sur France Info, en déclarant qu'il n'y aurait "ni recul, ni renoncement".

Aujourd'hui, d'après Le Monde (page 10), la position de l'exécutif ne semble plus aussi ferme. En effet, écrit le quotidien dans un papier titré "Le gouvernement se prépare à différer la généralisation du tiers payant", "s'il ne recule pas encore officiellement, le gouvernement se ménage en tout cas de plus en plus ouvertement la possibilité de le faire".

Dans Les Echos (page 2), le député socialiste de Vendée, Hugues Fourage est, quant à lui, formel : "Il n'y aura pas de retrait de la réforme." Selon ce parlementaire, la généralisation du tiers payant sera bien intégrée au projet de loi santé dont l'examen en commission doit débuter le 17 mars à l'Assemblée nationale. "La généralisation du tiers payant est une mesure de justice sociale à laquelle nous sommes attachés", a-t-il déclaré, il faut donc que les "problèmes techniques" pour sa mise en place soient "réglés".

Ce sera chose faite, assure Etienne Caniard, dont les propos tenus lundi sur l'antenne d'Europe 1 sont aujourd'hui repris sur le site Internet du Quotidien du médecin. Le dispositif mis au point par l'ensemble des complémentaires "répond à toutes les exigences des médecins", assure le président de la Mutualité Française, soulignant qu'il reste encore dix-huit mois pour le "peaufiner avant sa mise en œuvre".

Le principe en est "simple", rappelle Etienne Caniard : "Il y aura un système d'ouverture des droits en ligne dans le cabinet du médecin, les droits des complémentaires seront vérifiés en même temps que les droits à la Sécurité sociale et dès l'instant que la carte Vitale aura été introduite dans le lecteur, comme une carte bancaire chez le commerçant, le médecin aura la garantie d'être payé."

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Il reste du chemin à parcourir en ma­tière d'égalité professionnelle, soulignent ce matin Les Echos, à l'appui d'une étude menée par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). A poste équivalent et "toutes choses égales par ailleurs" (âge, ancienneté, lieu et temps de travail, etc.), une femme cadre gagnait en brut fixe, en 2013, 8,5% de moins qu'un homme, dans le privé, révèlent ces travaux. Leur salaire moyen annuel s'élève à 45 520 euros, soit 8 400 euros de moins que les hommes.

Cet écart de salaire, rapportent Les Echos (page 3), varie selon le lieu d'exercice. En Ile-de-France, la différence est par exemple de 8,2%, alors qu'en province elle est de 8,6%. L'écart se creuse également avec l'âge : à moins de 30 ans, il est de 4,2% ; de 30 à 39 ans, il passe à 5,8% ; puis, il atteint 9,5% de 40 à 49 ans. Après 50 ans, le différentiel salarial entre les sexes est de 12,5%.

"Le diplôme ne protège pas du phénomène mais le réduit", constate en outre le quotidien : "Plus le diplôme est élevé, moins l'écart de salaire est marqué : il passe de 10,2% pour les bac + 2 ou moins à 7,5% pour les bac + 5 et plus."

Enfin, le secteur professionnel est en soi un autre marqueur de différence salariale entre hommes et femmes. A postes et profils semblables, l'écart est deux fois plus élevé dans les directions d'entreprises (14,1%) ou les services commerciaux (12,4%) que dans la communication, où il est de 6,2%.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)