Tiers payant : une attente forte des assurés

"La dispense d'avance de frais existe dans beaucoup de pays européens et concerne déjà plus du tiers des consultations en France", souligne le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) dans un entretien aux Echos (page 4).

Conscient que la généralisation du tiers payant "correspond à une attente forte des assurés", Nicolas Revel prend le temps, dans les colonnes du quotidien, de rassurer les médecins, dont la contestation s'est récemment cristallisée sur la mise en œuvre de cette mesure.

Si ce mouvement s'est installé dans leurs rangs, c'est, explique-t-il, en raison d'un malaise plus profond. Il est vrai que "leurs conditions d'exercice sont devenues objectivement plus difficiles, car la pression des patients est plus forte, les pathologies chroniques plus complexes et – c'est en tout cas leur ressenti – leurs contraintes administratives plus lourdes".

De fait, concernant la généralisation du tiers payant, ces derniers ont davantage exprimé "des craintes d'ordre pratique" que des "réserves de principe".

Pour apaiser ces inquiétudes, le directeur général de la Cnam insiste sur l'enjeu du déploiement de cette mesure, qui ne doit en rien dégrader les conditions d'exercice des médecins. "Je pense même qu'il peut contribuer à les simplifier, en leur évitant demain toutes les opérations bancaires liées à l'encaissement des chèques et espèces qu'ils reçoivent chaque semaine."

Les médecins n'auront donc pas plus de contraintes avec ce dispositif ?, insistent Les Echos. "Cela doit être le contraire", assure Nicolas Revel, rappelant que les pouvoirs publics ont inscrit dans la loi santé trois engagements à ce sujet : celui de la garantie de paiement, "qui sera acquise sur la base d'une vérification instantanée des droits des assurés à partir de la carte Vitale", celui de la rapidité, avec un délai maximum 7 jours pour rembourser le médecin, et surtout celui de la "simplicité dans le suivi des remboursements".

Quid des complémentaires, qui sont partie prenante du dispositif, questionnent Solveig Godeluck et Etienne Lefebvre.

"Le travail a commencé avec les organismes complémentaires afin de définir la future architecture", indique le directeur général de la Cnam, qui préconise de "mettre de côté les logiques institutionnelles et proposer des solutions les plus simples et les plus intégrées possible". "C'est un impératif", insiste-t-il, rappelant la responsabilité de l'assurance maladie dans le pilotage du déploiement du tiers payant et dans la garantie de "la cohérence globale du système".

Simplicité, c'est le mot d'ordre de Nicolas Revel, qui souligne que "l'un des objectifs de la prochaine négociation sera de rendre le système de rémunération plus simple et plus efficace". Les discussions sur la revalorisation à 25 euros du tarif de la consultation pourront s'envisager prochainement, après les élections professionnelles dont la date sera prochainement arrêtée, assure-t-il. "Mais la négociation ne pourra pas se focaliser sur cette seule question." Les médecins semblent déjà avoir entendu l'appel à la modération des honoraires, soulignent Les Echos dans un article consacré à la hausse modérée de ces derniers (page 4). En 2014, leur taux a diminué de 1 point, à 54,1% du montant du tarif de base de la Sécurité so­ciale, essentiellement, précise le directeur général de la Cnam, en raison du contrat d'accès aux soins.

A lire aussi – L'Avastin® autorisé contre la DMLA

Après "deux ans et une procédure unique en Europe", l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donné jeudi dernier "son feu vert pour que l'anticancéreux Avastin® (labora­toire Roche) bénéficie d'une recommandation temporaire d'utilisation (RTU)", annonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 11). Les ophtalmologistes pourront donc prescrire ce médicament pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) alors que cette indication ne fait pas partie de l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

"Cette procédure exceptionnelle peut permettre à l'assurance maladie d'économiser 200 millions d'euros si les médecins jouent le jeu", écrit Le Parisien, qui rappelle que le Lucentis® traitement de la DMLA du laboratoire Novartis (actionnaire de Roche), "est en situation de quasi-monopole depuis son introduction en 2007, est encore facturé 850 euros l'injection (il en faut 3)". L'injection d'Avastin® reviendra, elle, à 35 euros. "Je suis satisfait, explique le député socialiste Gérard Bapt, auteur de l'amendement qui a permis la RTU. Mais l'Avastin® devra être disponible aussi en ville pour faire de vraies économies."

 

Frédéric Lavignette et Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)