Tiers payant : Francois Hollande veut un « mécanisme simple »

Le tiers payant généralisé ne sera mis en place que "si un mécanisme simple de paiement est possible pour les professionnels de santé", a déclaré hier le président de la République, lors de sa 5e grande conférence de presse à l'Elysée, rapportent Les Echos (page 2). La ministre de la Santé a aussitôt déclaré qu'elle "n'imagine pas" qu'on ne puisse pas trouver une "solution opérationnelle", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 4).

De son côté, La Croix (page 7) rappelle que "depuis plusieurs semaines, les complémentaires santé se démènent pour proposer un système qui, selon elles, serait aussi “simple à utiliser que la carte bleue” chez les commerçants". Une réunion, poursuit le quotidien, est organisée aujourd'hui entre la Mutualité Française, les assureurs et les institutions de prévoyance "pour élaborer une proposition commune".

"L'idée serait de mettre en place un serveur en ligne que le médecin pourrait utiliser via son propre logiciel informatique. Il lui suffirait d'introduire la carte Vitale du patient pour savoir immédiatement si celui-ci est bien affilié à une complémentaire santé et si ses droits sont ouverts", indique le quotidien catholique. "Cette simple vérification donnerait au praticien une garantie de paiement par la complémentaire, même en cas de dysfonctionnement", explique le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dans La Croix.

Qu'en pensent les médecins ? "Avec ce système, nous serions payés directement par les complémentaires santé. Cela n'est pas acceptable, car cela leur donnerait un moyen de pression sur les médecins", estime le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz. Toutefois, le syndicat de généralistes MG-France se dit "favorable à cette mesure dans son principe". "Mais aujourd'hui, les conditions techniques ne sont pas réunies pour la rendre obligatoire", considère son secrétaire général, Jacques Battistoni.

"Dans les deux ans et demi qui me restent, j'agirai sur les grands sujets que sont l'école, l'égalité entre les territoires et la santé avec un accès aux soins garanti", a également annoncé le président de la République, souligne Libération (page 10). Dans un tout autre registre, le président de la République a affirmé avoir "changé", après les attentats qui ont "profondément marqué la France". "L'esprit du mois de janvier 2015, c'est l'unité de la République (…) Cet esprit-là, je dois le prolonger", a-t-il déclaré, cité dans La Croix (page 5).

"Malgré tous les efforts engagés", depuis trente ans, dans le cadre de la politique de la ville, "il y a encore trop d'échecs", a reconnu le chef de l'Etat, pointant notamment la "concentration des populations et des pauvres dans les mêmes lieux, les inégalités massives, le chômage trop élevé, les discriminations insupportables". Défendant le "vivre ensemble", le chef de l'Etat a confirmé la tenue, en mars, d'un comité interministériel consacré à la lutte contre les inégalités, chargé d'appliquer plusieurs mesures. La première, concerne la "mise en place le plus rapidement possible" d'une "agence nationale de développement économique des territoires". Cette structure s'inspire de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, précise Libération (page 11).

Autre axe de travail : "la mixité so­ciale". Le président de la République a plaidé pour que la loi Solidarité et rénovation urbaine (SRU) soit "strictement appliquée". "S'il le faut, les sanctions seront renforcées" à l'encontre des maires qui ne respectent pas les quotas de construction de logements sociaux dans leurs communes, note Le Figaro (page 6).

Enfin, le chef de l'Etat a également annoncé la mise en place, dès le 1er juin, d'un "service civique universel" pour les jeunes, sur la base du volontariat, indique Libération (page 11). Le service civique est un engagement de six à douze mois dans des missions d'intérêt général, auprès d'associations ou de collectivités.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)