Thierry Beaudet : « Osez les mutuelles ! »

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, démontre qu'une assurance maladie universelle serait une option préjudiciable à notre système de santé et fait la preuve du rôle indispensable des mutuelles.

"Peut-on croire, doit-on croire à l'utopie d'une assurance maladie universelle, d'une Sécurité sociale intégrale ?" C'est la question que pose Thierry Beaudet dans une tribune publiée ce 24 janvier 2017, dans Le Monde.

En réponse au débat lancé sur la possibilité de créer une assurance maladie à 100%, supprimant de fait l'intervention des complémentaires santé, le président de la Mutualité Française entend faire la preuve de leur rôle indispensable, tant du point de vue économique que sanitaire.

L'idée d'une assurance maladie universelle, explique-t-il, n'est rien d'autre qu'un projet idéaliste qui, dans l'état actuel des comptes publics, serait à même de "fragiliser l'ensemble de l'édifice auquel les Français sont indéfectiblement attachés, à juste titre".

Si les complémentaires santé venaient à disparaître, leur part dans le remboursement des soins devrait en effet mécaniquement être prise en charge par l'assurance maladie universelle. Or, interroge le président de la Mutualité Française, "pense-t-on vraiment qu'une Sécurité sociale accumulant les déficits soit en mesure d'assumer 42 milliards d'euros de dépenses supplémentaires ?".

Pour lui, "la première entorse à la solidarité nationale, ce sont les 120 milliards d'euros de dette que l'on ne cesse de reporter sur les générations futures".

"Rayer les mutuelles de la carte affaiblirait et déséquilibrerait notre système de santé", insiste Thierry Beaudet, faisant valoir que les mutuelles permettent aux patients d'assumer une partie de leurs restes à charge et les accompagnent dans leur recherche de soins de qualité.

"En les supprimant, écrit-il, la société française se priverait non seulement d'assureurs solidaires non lucratifs, mais aussi de milliers de militants de la solidarité sur les territoires, d'acteurs globaux de santé".

Les mutuelles, rappelle-t-il, constituent le "premier réseau sanitaire et social de France". "De la crèche à la clinique en passant par la maison de retraite", elles gèrent 2.600 établissements sanitaires et sociaux de proximité, "de la France rurale à la France urbaine", offrant ainsi une réponse aux déserts médicaux. Après l'Etat, elles sont par ailleurs, en première ligne en matière de prévention.

Sortir "de l'idée que l'Etat peut seul répondre aux défis de notre système de santé sans associer toutes les parties prenantes, notamment les mutuelles", est indispensable, affirme le président de la Mutualité Française. "Il est temps de libérer les énergies en faisant le pari de la confiance, le pari des acteurs. Osez les mutuelles !", s'exclame-t-il.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)