Thierry Beaudet : la Mutualité Française veut peser dans le débat présidentiel

Dans un entretien accordé à "Espace social européen", le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, réclame que l'Etat fasse plus confiance aux différents acteurs de la protection sociale.

Espace social européen a rencontré le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, au lendemain des Journées de rentrée de la Mutualité Française, qui se sont déroulées les 29 et 30 septembre 2016 à Lille.

A quelques mois de l'élection présidentielle, le président de la FNMF annonce que la Fédération va se placer dans "une logique d'interpellation des candidats", grâce à la création d'une "plate-forme participative, nommée Place de la santé". Car, rappelle-t-il, "sur les deux dernières élections présidentielles, au second tour il n'y a pas eu un mot sur les questions de santé ou de protection sociale".

Ce site présentera les propositions des candidats "pour faire réagir le plus largement possible notre écosystème (adhérents, think-tanks, professionnels de santé)" et permettre l'instauration d'un dialogue entre les politiques, le grand public et le monde mutualiste.

Pour Thierry Beaudet, les mutuelles ont un rôle majeur à jouer au sein du système de santé : "Nous sommes dans le paysage, et je ne crois absolument pas aux scénarios selon lesquels la Sécurité sociale renforcerait ses interventions demain." Pourtant, il constate "une forme d'étatisme tatillon dans tous les domaines" et dénonce "un système marqué par la défiance envers les acteurs". Ainsi, il appelle à un "Etat garant de grands objectifs et d'un cadre général de solidarité dans lequel les acteurs pourraient agir".

Interrogé sur la décision de la Mutualité Française de ne pas signer, en l'état, la nouvelle convention médicale (cliquer ici pour lire le communiqué de presse du 16 septembre 2016), Thierry Beaudet déplore "l'absence de contrepartie qualitative" pour les mutuelles auxquelles l'assurance maladie obligatoire et les médecins se sont contentés de "présenter l'addition à la fin de la négociation", soit 315 millions d'euros supplémentaires. "Mais nous l'avons dit, nous serions prêts à revenir sur notre position si des solutions techniques étaient trouvées."

Au cours de cet entretien, le président de la FNMF revient également sur l'annonce par Marisol Touraine, la ministre de la Santé, de la publication imminente du décret sur la labellisation des contrats seniors, un projet auquel la FNMF s'est vivement opposée (cliquer ici pour lire le communiqué de presse du 20 juillet 2016).

"Par sa seule approche financière, ce projet ne répond pas aux questions que se posent les séniors, estime-t-il. Si on crée des solutions pour les seuls seniors, la mutualisation se fera entre les personnes pour lesquelles les coûts de santé sont les plus importants, les cotisations seront donc plus élevées".

Pour Thierry Beaudet, il faut, au contraire, "réintégrer la mutualisation, la solidarité intergénérationnelle et trouver des dispositifs pour mieux lisser le coût des cotisations tout au long de la vie".

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Sophie Lecerf

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