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Thierry Beaudet : « Centrer la protection sociale sur l’individu, plutôt que sur le statut »

Dans un entretien à Espace social européen, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, appelle les prétendants à l'Elysée à "oser les mutuelles".

Après une lettre ouverte récemment adressée aux candidats à l'élection présidentielle, la Mutualité Française poursuit son objectif : "Se faire le porte-voix de la société, de [ses] adhérents, des Français !" Dans un entretien accordé à Espace social européen (pages 6 et 7), son président, Thierry Beaudet, appelle les candidats à s'intéresser "autant à la santé des Français qu'à celle de la Sécu".

L'augmentation des restes à charge, les besoins d'accompagnement des malades, la crainte de ne pas bénéficier d'une bonne prise en charge, le non-remplacement du médecin de famille parti en retraite, les délais d'attente interminables pour accéder à un spécialiste sont, par exemple, quelques-unes des préoccupations des assurés sociaux, lesquelles ne sont pas forcément appréhendées dans les différents programmes politiques, déplore Thierry Beaudet.

Actuellement, note-t-il, "deux visions fortement distinctes" sont en lice : l'une envisage un changement de système avec une Sécurité sociale intégrale ; l'autre vise à "repenser le partenariat entre la Sécurité sociale et les mutuelles" par une nouvelle articulation du régime obligatoire (RO) avec le régime complémentaire (RC).

"Nous resterons vigilants sur les modalités de mise en œuvre de ces propositions", prévient le président de la Mutualité Française. Selon lui, les mutuelles ne peuvent plus être "maintenues en dehors de la gestion du risque, en dehors de la régulation de notre système de santé", ni être enfermées "dans un rôle de payeur aveugle".

Pour que "les pouvoirs publics en prennent conscience", affirme-t-il, "il ne faut pas seulement parler de nous, il faut croire en nous et oser les mutuelles !" En leur permettant "de plus grandes marges de manœuvre" grâce à "un cadre à définir conjointement", celles-ci favoriseront "l'amélioration du système de santé, le soutien à l'innovation et la lutte contre les inégalités", indique-t-il.

De marges de manœuvre, c'est ce qui a manqué par exemple à la généralisation de la complémentaire santé en entreprise, estime Thierry Beaudet. De fait, "on n'échappera pas à une remise à plat, les réponses imaginées jusqu'ici ne s'étant pas révélées pertinentes."

En dépit des réglementations successives, les inégalités entre assurés demeurent, et les étudiants, les retraités et les inactifs sont laissés "au bord du chemin". Or, "le bénéfice d'une mutuelle est indispensable pour accéder aux soins tout au long de sa vie", rappelle le président de la Mutualité Française.

Par conséquent, "la question d'une vraie généralisation, d'un accès équitable à une mutuelle pour l'ensemble de la population" continue de se poser. D'où la suggestion de Thierry Beaudet pour aborder différemment l'avenir de la santé et apporter une pierre aux débats électoraux : "Ne faudrait-il pas centrer la protection sociale sur l'individu, plutôt que sur le statut ?"

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)