Tensioforme : un programme personnalisé contre l’hypertension artérielle

Dre Annabel Dunbavand

Près de 600 personnes bénéficient actuellement du programme d’éducation thérapeutique Tensioforme. Il a été lancé au printemps 2011 à Paris et à Saint-Etienne par la Mutualité Française avec sept mutuelles, en partenariat avec l’assurance maladie et l’agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France. Sa généralisation à l’ensemble du territoire pourrait intervenir en 2013.

Un an après son lancement, le programme d’éducation thérapeutique Tensioforme prépare son déploiement. Aujourd’hui, près de 600 personnes à Paris et à Saint-Etienne (Loire), les deux villes pilotes, ont bénéficié de ce dispositif, proposé par sept mutuelles. Objectif de cette expérimentation, lancée en partenariat avec l'assurance maladie obligatoire et l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France : limiter les complications cardio-vasculaires chez les patients atteints d’hypertension artérielle (HTA) et à éviter l’entrée dans la maladie chez les patients à risque.

"Les inscrits sont en moyenne âgés de 62 ans et sont à 70% des femmes", précise la Dre Annabel Dunbavand. Leurs points communs : être "hypertendus, en surpoids et sédentaires", ajoute cette responsable du dispositif Tensioforme à la Mutualité Française. "Seuls 14% d’entre eux sont fumeurs", précise-t-elle. C’est pourquoi 85% participent au module portant sur l’équilibre alimentaire. Les autres bénéficiaires s’inscrivent à celui qui porte sur l’arrêt du tabac.

A la fin du programme, les progrès des participants sont évalués en mesurant certains paramètres de la condition physique, comme la souplesse, la force musculaire et l’endurance. "Certains participants ont d’ailleurs souscrit une licence dans un club de sport", souligne Annabel Dunbavand avec satisfaction. Cette décision a fait suite à des séances collectives de découverte dans des clubs sportifs et des fédérations partenaires du programme.

Enfin, six mois après la fin du programme, l’infirmière référente des participants fait le point avec eux non seulement sur leur tension artérielle, mais aussi sur leurs nouvelles habitudes de vie, notamment en matière d’activité physique et d’équilibre alimentaire.

Convaincre les personnes à risque

La période d’expérimentation de Tensioforme prendra fin en décembre 2012. Six mois plus tard, les derniers enseignements seront tirés. Si la condition physique et la tension des participants se sont réellement améliorées, et si leurs nouvelles habitudes de vie sont durablement installées, le déploiement national de ce programme pourra être proposé aux mutuelles et aux partenaires de Tensioforme, indique Annabel Dunbavand.

Quels enseignements peut-on d’ores et déjà tirer ? Au cours de cette expérimentation, les responsables du programme ont constaté des abandons. "Ils sont surtout le fait des personnes qui suspendent ou renoncent au programme soit pour raison de santé soit parce qu’ils sont encore en activité et ont un emploi du temps trop chargé ou incompatible avec les horaires proposés pour les séances", analyse Annabel Dunbavand. Un questionnaire de satisfaction sera envoyé à tous les inscrits. Il visera à déterminer exactement les raisons de ces abandons et un aménagement du planning des séances pourrait dès lors être proposé.

Une autre réflexion est en cours : elle porte sur les outils à mettre en place pour convaincre les personnes à risque, mais qui ne sentent néanmoins pas concernés par Tensioforme. "Nous travaillons avec des associations de patients sur ce sujet", indique Annabel Dunbavand. "Le fait de ne pas percevoir le risque encouru n’est pas un fait nouveau", ajoute-t-elle. C’est la difficulté à laquelle certaines associations se heurtent, notamment sur sida.

Milène Leroy

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)