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Témoin d’un infarctus ? Chaque minute compte !

L'infarctus du myocarde tue chaque année en France plus de 30.000 personnes. En cas de douleur intense et prolongée dans la poitrine, le premier réflexe est d’appeler le 15, le numéro de téléphone du Samu. Chaque minute gagnée est une chance de plus pour sauver un coeur.

L'infarctus du myocarde, plus communément appelé "crise cardiaque", est dû à l'obstruction, par un caillot, d'une des artères irriguant le coeur. Ce caillot se forme le plus souvent sur une plaque d'athérome, ces graisses qui se déposent au fil du temps le long de la paroi des artères. En cas d'obstruction, l'artère coronaire ne transporte plus ni le sang ni l'oxygène et le muscle cardiaque cesse de fonctionner. Si la circulation n'est pas rapidement rétablie, une partie du coeur va être détruite de façon irréversible.

Il est capital de reconnaître les symptômes de l'infarctus, de manière à prévenir les secours le plus rapidement possible. Une douleur importante dans la poitrine doit alerter, surtout si elle dure au moins 20 minutes. "C'est une douleur qui donne une sensation d'écrasement, d'oppression, comme si la poitrine était prise dans un étau", explique le Pr Daniel Thomas, cardiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, et président d'honneur de la Fédération française de cardiologie.

Cette douleur irradie parfois dans le bras gauche, les deux bras ou encore dans la mâchoire inférieure. Elle peut être accompagnée de signes digestifs, nausées ou vomissements, de sueurs et d'essoufflement. Sa survenue est souvent brutale, assez fréquemment en dehors de l'effort, la nuit ou au petit matin.

Déboucher l'artère

Il faut appeler le 15 (le Samu), qui envoie une ambulance. Un électrocardiogramme permet le diagnostic d'infarctus. Il est possible d'administrer immédiatement au patient un traitement médicamenteux destiné à déboucher l'artère. Une angioplastie coronaire peut être réalisée à l'arrivée à l'hôpital : elle consiste à dilater l'artère au niveau de l'obstruction, grâce à un ballonnet gonflable. La pose d'un stent, sorte de ressort à l'intérieur de l'artère, sert ensuite à maintenir la dilatation.

L'hospitalisation en unité de soins intensifs coronariens est obligatoire pour tout infarctus, et ce pendant au moins 48 heures. Cette surveillance jour et nuit permet le plus souvent d'éviter des complications dramatiques. La majorité des patients sont hospitalisés quelques jours seulement et ressortent avec un traitement qu'ils devront prendre à vie : des bêtabloquants pour protéger le coeur, des statines pour le cholestérol, des médicaments pour le diabète...

Après un infarctus, il est tout à fait possible de reprendre une vie quasi normale si le coeur n'a pas été trop endommagé. "J'ai eu un infarctus en octobre 1998, à l'âge de 59 ans, je vis aujourd'hui tout à fait normalement, je ne me sens pas du tout diminué physiquement", témoigne Georges, membre de l'Association des malades et opérés cardiaques (Amoc). Sur les conseils de son cardiologue, Georges s'impose une marche de 45 minutes, cinq jours sur sept.

"Même si certains en réchappent, il ne faut pas pour autant banaliser l'infarctus du myocarde, prévient le Pr Daniel Thomas. Un investissement personnel en termes de bonne hygiène de vie est nécessaire pour éviter les récidives."

Lutter contre les facteurs de risque

Il n'est pas toujours possible d'intervenir à temps. Dans nombre de cas, l'infarctus se complique de troubles du rythme et peut entraîner le décès en quelques minutes par arrêt cardiaque. D'après les données épidémiologiques, près de la moitié des 60 à 70.000 morts subites observées en France sont dues à des infarctus du myocarde.

"Nous ne pourrons progresser sur le front de l'infarctus qu'en luttant contre les facteurs de risque", souligne Daniel Thomas.

Hormis l'hérédité et l'âge, les principales causes de l'infarctus peuvent être prévenues. La première est le tabagisme. Presque tous les infarctus avant 45 ans concernent des fumeurs. Entre 30 et 70 ans, 4 décès cardiovasculaires sur 10 sont dus au tabac. L'excès de cholestérol est également un facteur de risque important. C'est en effet un des éléments constitutifs des plaques d'athérome. L'hypertension artérielle, le diabète, l'excès de poids, la sédentarité augmentent aussi le risque d'infarctus du myocarde.

L'ensemble de ces facteurs constitue le risque global cardiovasculaire. Ils se potentialisent, c'est-à-dire que leur association, même de faible intensité, peut entraîner une probabilité très élevée d'être victime de la maladie. Une alimentation équilibrée, associée à une activité physique régulière, reste un excellent moyen de protection contre l'excès de cholestérol, le diabète ou l'obésité.

Joëlle Maraschin

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)