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Télétravailler en arrêt maladie : les pistes du gouvernement

Le gouvernement demande à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de réfléchir sur la possibilité de télétravailler pendant les arrêts maladie.

"Le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est dit ouvert ce mercredi au recours au télétravail dans certains arrêts maladie afin d'éviter une reprise brutale et favoriser ainsi un retour progressif à l'emploi", rapporte ce matin Le Parisien, sur la base d'une intervention du Premier ministre le 14 novembre 2018, au micro de RTL.

Ainsi, le gouvernement a demandé à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) d'"étudier les pistes possibles d'une utilisation du télétravail comme retour progressif à l'emploi après un congé maladie", apprend-on dans Les Echos, qui soulignent toutefois que, sur les ondes, Edouard Philippe "a préféré rester prudent" sur cette "question délicate".

Une telle mesure, explique Le Parisien, "permettrait de réduire les arrêts de travail de quelques jours, mais aussi et surtout les arrêts de travail longs de plus de six mois". Evidemment, cette situation ne serait valable pour certains types d'emplois et certains motifs d'arrêts maladie. Une cheville cassée, en effet, empêche le salarié de se déplacer jusqu'à son lieu d'activité, mais ne nuit pas à l'usage de ses poignets pour travailler sur un clavier.

Par ailleurs, estime l'Igas, la moitié des travailleurs arrêtés pendant plus de six mois arrêtent définitivement leur fonction. "Il faut donc leur remettre le pied à l'étrier le plus vite possible", indique Le Point. Le télétravail en serait le moyen. Pour autant, a déclaré le Premier ministre sur RTL, il ne s'agit pas de "mélanger l'arrêt de travail et le travail".

Outre certains syndicats, qui ont réagi à cette possibilité, une avocate en droit du travail, Eva Touboul, observe dans Le Figaro, que le recours au télétravail soulève plusieurs questions, dont celle du secret médical : "L'employeur n'est pas censé connaître le motif d'arrêt d'un salarié, que ce soit une simple grippe ou une maladie beaucoup plus grave", rappelle-t-elle.

Si le salarié peut lui-même lever ce secret médical, il n'a aucune obligation de le faire. "Qui décidera alors que telle ou telle pathologie est compatible avec la poursuite du travail à domicile ? Probablement le médecin du travail", répond Le Figaro,, qui soulève un autre problème de fond : si la maladie du salarié s'aggrave pendant qu'il retravaille à son domicile, qui en sera responsable ?

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)