croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Télémédecine : la téléconsultation est remboursée par la « Sécu »

La Sécurité sociale rembourse la téléconsultation depuis le 15 septembre 2018. Accessible aux patients dans le cadre du parcours de soins, cette consultation à distance permet de lutter contre les déserts médicaux et aide les médecins à se consacrer davantage au temps médical, indique Marie-Laure Saillard, directrice générale de la plateforme www.mesdocteurs.com, du groupe VYV.

Après dix ans d'expérimentation, la téléconsultation est prise en charge depuis le 15 septembre 2018 par la Sécurité sociale partout en France. Cette consultation est accessible à distance, par visioconférence, dans le cadre du parcours de soins coordonné, après une orientation initiale du médecin traitant.

Elle peut être proposée par tout médecin dit "médecin consultant", quels que soient sa spécialité et son lieu d'exercice. En plus des médecins de ville, sont donc concernés les praticiens hospitaliers, ceux qui exercent dans les cliniques, les maisons de santé, les centres de santé ou encore les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Le recours à la téléconsultation relève de la décision du médecin, en fonction de la situation médicale de chaque malade. Les consultations complexes ou très complexes sont exclues du dispositif. C'est également le médecin qui détermine les modalités de la téléconsultation. Le consentement du patient est nécessaire.

"Notre credo est l'accès aux soins"

"Avec l'accord du médecin, le patient peut réaliser seul sa consultation d'où il le souhaite, simplement depuis son domicile, par exemple", indique la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) dans un communiqué du 12 septembre. En amont, le praticien transmet un lien Internet au malade pour qu'il se connecte sur un site ou une application via un ordinateur, une tablette ou un smartphone, disposant d'une webcam.

"Le patient peut aussi être orienté vers une cabine ou un chariot de téléconsultation […] à proximité", des lieux qui offrent "l'avantage de disposer d'appareils de mesure ou d'examen facilitant le diagnostic", précise la Cnam.

"Nous proposons la téléconsultation depuis 2016, après avoir obtenu un agrément de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France. Nous avons à notre crédit plus de 100.000 mises en relation entre des patients et des médecins", témoigne Marie-Laure Saillard, directrice générale de la plateforme www.mesdocteurs.com qui appartient au groupe VYV.

"Cette expertise nous permet de proposer immédiatement la téléconsultation en visioconférence aux médecins et à leurs patients, grâce à notre service www.avecmondoc.com. Prévue par l'avenant 6 à la convention médicale, autour du médecin traitant et dans le cadre du parcours de soins, la téléconsultation ouvre d'énormes perspectives dans la prise en charge globale du patient", poursuit Marie-Laure Saillard. "C'est aussi une fantastique opportunité de lutter contre les déserts médicaux. Notre credo est l'accès aux soins !", lance la directrice générale www.mesdocteurs.com.

Pour l'assurance maladie, le développement de la télémédecine constitue "un enjeu clé dans la mesure où elle peut apporter des réponses aux défis de notre système de santé". La téléconsultation facilite l'accès à des soins de qualité dans tous les territoires et réduit les délais de prise en charge parfois trop longs.

Autre avantage : éviter des déplacements pénibles aux personnes âgées ou aux patients atteints de maladies chroniques. L'accès à ces nouvelles technologies "simplifie le suivi des patients dans un contexte de vieillissement de la population et d'augmentation des pathologies chroniques", ajoute la Cnam. En 2016, la France comptait déjà 12 millions de personnes prises en charge pour une affection de longue durée (ALD).

Vidéotransmission sécurisée

Pour pouvoir réaliser une téléconsultation, le médecin téléconsultant doit déjà connaître son patient. Le médecin traitant, ou tout autre spécialiste qui effectue cette consultation à distance, doit avoir vu son patient, au cours d'une consultation en face à face, au moins une fois au cours des douze derniers mois.

Sur le plan technique, devenir médecin téléconsultant implique d'être équipé "d'une solution de vidéotransmission sécurisée, ainsi que d'une messagerie sécurisée garantissant la qualité et la confidentialité des échanges oraux ou écrits", détaille la Cnam qui entend protéger "les données médicales, confidentielles et sensibles par nature". Après chaque téléconsultation, un compte-rendu est rédigé et archivé dans le dossier médical partagé (DMP) du malade, déployé au niveau national en novembre 2018.

"Notre plateforme répond déjà à toutes ces exigences car nous utilisons un hébergeur agréé de données de santé, dit HADS. Par ailleurs, en faisant appel à www.avecmondoc.com/, un outil simple d'utilisation, le médecin se consacre davantage au temps médical, et non pas aux tâches administratives", renchérit Marie-Laure Saillard.

Même tarif qu'une consultation classique

Concrètement, un patient fixe un rendez-vous avec son médecin via la plateforme. Si le médecin décide qu'une téléconsultation est possible, comme pour le suivi mensuel d'une maladie chronique, il lui envoie un lien sécurisé pour la visioconférence. L'outil permet d'émettre une ordonnance si besoin, la feuille de soins, et d'archiver le compte-rendu de façon sécurisée.

Aujourd'hui, www.mesdocteurs.com travaille déjà avec 300 médecins, dont 60% de généralistes et 40% de spécialistes. "Parmi la trentaine de spécialités proposées, la pédiatrie, la dermatologie et la psychiatrie fonctionnent très bien", rapporte la directrice générale de la plateforme.

A noter que les tarifs et les modalités de remboursement des téléconsultations sont les mêmes que les consultations équivalentes en présentiel, c'est-à-dire avec la présence physique du médecin et du patient. Les tarifs varient de "25 à 30 euros dans la majorité des cas", évalue la Cnam. Les patients en ALD, les femmes enceintes, les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) bénéficient automatiquement du tiers payant intégral dans le cadre de la téléconsultation.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)