La télémédecine à la recherche d’un financement pérenne

L'absence de financement de la télémédecine constitue une entrave à son développement, dénonce la Fédération hospitalière de France.

"Un temps en avance, la France est en passe de prendre du retard sur la télémédecine ?", souligne ce matin Le Figaro.

Si la loi Bachelot de 2009 a fixé le cadre juridique de cette technique de consultation, les modalités financières n'ont toujours pas été précisées. "Tous les acteurs sont prêts mais rien ne se passe. C'est une perte de chance pour les patients", regrette Frédéric Valletoux. Pour le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), il est aujourd'hui nécessaire de "déverrouiller" le modèle économique de la télémédecine.

Dans cet esprit, "la FHF a signé mercredi dernier un partenariat avec la Société française de télémédecine pour en favoriser la mise en œuvre opérationnelle dans ses établissements", indique Le Figaro.

En la matière, les expérimentations engagées sont encore limitées (331 projets fin 2012). Certes, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017 prévoit de proroger d'un an les modes de financement des actes de télémédecine et d'étendre le périmètre de l'expérimentation.

"Mais il ne crée pas de financement pérenne, permettant à l'ensemble des projets de se développer", souligne Le Figaro-économie. "On ne fait que pousser plus loin les expérimentations alors que l'on devrait aller vers la généralisation du recours à la télémédecine", regrette Frédéric Valletoux.

Pour l'heure, la situation est donc paradoxale, fait valoir David Gruson, délégué général de la FHF dans les colonnes du quotidien : "Il est aujourd'hui plus pénalisant financièrement de prendre un patient en téléconsultation qu'en hospitalisation complète. Nous avons une capacité de financement forfaitaire de certains actes en télémédecine, mais nous ne sommes pas dans une logique de substituabilité qui permettrait de créer un vrai déclic."

L'objectif est donc de convaincre l'assurance maladie "que la télémédecine n'est pas une dépense supplémentaire mais une efficience nouvelle et un vrai levier de modernisation qui a trop tardé à se mettre en place", explique, au Figaro, le président de la FHF.

D'autant que cette nouvelle modalité de consultation promet des gains d'efficacité, A titre d'exemple, détaille Le Figaro, "le CHU de Nancy a ainsi calculé que les deux tiers des appels au Samu en provenance des maisons de retraite seraient évitables s'ils pouvaient être remplacés par des actes de télémédecine". De même, assure la FHF, les séjours à l'hôpital des insuffisants cardiaques pourraient être réduits de moitié.

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John Sutton

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