Suicide : la Mutualité Française Bretagne, acteur incontournable de la prévention

En Bretagne, où la mortalité par suicide est la plus élevée de France, la Mutualité Française Bretagne anime douze réseaux et collectifs qui réunissent des acteurs de la prévention.

A l'occasion de la Journée nationale de prévention du suicide qui a lieu chaque année le 5 février, la Mutualité Française Bretagne (MFB) et ses partenaires ont organisé un colloque intitulé "La prévention à l'épreuve du suicide". Cet événement s'adressait notamment aux professionnels et bénévoles investis dans des actions de prévention. Objectif : renforcer leurs compétences et permettre le partage d'expériences. Ils se sont réunis le 2 février à la Chambre des métiers et de l'artisanat de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Cette initiative illustre l'engagement de la Mutualité Française Bretagne pour lutter contre ce fléau régional. La Bretagne connaît en effet le taux de décès par suicide le plus important de France, soit 25,3 pour 100.000 habitants (lire article "Suicide : de nouvelles mesures au premier semestre 2016"). C'est 65% de plus que la moyenne nationale.

Un maillage territorial

Face à ce constat, cette union régionale mutualiste a décidé, dès 2002, de développer des réseaux et collectifs d'acteurs de la prévention. Elle anime aujourd'hui douze réseaux qui assurent un maillage territorial et adaptent leurs actions aux besoins locaux.

Ces réseaux réunissent des bénévoles associatifs et des professionnels des secteurs de la santé, du social, de l'éducation et de l'insertion. Des élus locaux et des représentants des forces de l'ordre participent également à cet élan collaboratif.

Nous travaillons en lien avec le conseil régional de Bretagne et l'agence régionale de santé (ARS) qui a intégré la prévention du suicide dans le programme régional de santé (PRS).

"Nous travaillons en lien avec le conseil régional de Bretagne et l'agence régionale de santé (ARS) qui a intégré la prévention du suicide dans le programme régional de santé (PRS)", nous indique Sabrina Rohou, coordinatrice régionale de l'activité promotion de la santé à la MFB. "L'ARS a reconnu la Mutualité Française Bretagne comme un des acteurs privilégiés de la prévention du suicide de la région. Elle attend vraiment une dynamique de partenariat local", poursuit-elle.

Trois nouveaux réseaux

C'est justement dans cet esprit que la MFB anime, depuis 2015, deux nouveaux collectifs Misaco (mission d’accompagnement de collectifs autour de la prévention de la souffrance psychique et du risque suicidaire) dans les Côtes-d'Armor. L'un couvre le Pays de Saint-Brieuc et l'autre le Pays Centre Bretagne. Un troisième collectif Misaco œuvrait déjà dans le Pays de Dinan.

En Ille-et-Vilaine, c'est le collectif Misaco du Pays des Vallons de Vilaine qui a été lancé en 2015. Dans ce département, la MFB co-anime aussi le collectif "Ensemble, prévenons le suicide" (CoEPS 35). Autre département : le Finistère regroupe le réseau du Pays de Cornouaille et le réseau du Pays de Brest. Enfin, le Morbihan compte cinq collectifs Misaco dans ses territoires. Ces réseaux bénéficient d'un financement dans le cadre des contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (Cpom) conclus avec l'ARS.

Repérage de la crise suicidaire

"Tous ces collectifs mettent en place des actions de formation au repérage de la crise suicidaire. Le but est d'aider les acteurs à mieux déceler les personnes à risque et à mieux agir sur le terrain", explique Sabrina Rohou. Par ailleurs, des événements tels que des conférences ou des ciné-débats sont régulièrement organisés. Toutes actions confondues, la MFB a touché près de 1.600 personnes en 2015.

Chaque collectif peut choisir ses propres thématiques d'action : approche populationnelle en direction de jeunes en souffrance psychique ou en rupture affective, maladies chroniques, santé au travail, etc.

Il s'agit d'aider les proches d'une personne qui s'est suicidée ou a fait une tentative de suicide. Cet enjeu nous préoccupe beaucoup car il existe peu de groupes de parole.

La postvention fait également partie des axes possibles. "Il s'agit d'aider les proches d'une personne qui s'est suicidée ou a fait une tentative de suicide. Cet enjeu nous préoccupe beaucoup car il existe peu de groupes de parole. Or les conséquences psychologiques peuvent être très importantes", lance Sabrina Rohou. Cette problématique, qui fait partie des recommandations de l'Observatoire national du suicide, a d'ores et déjà été abordée lors de la 3e journée régionale des réseaux. Celle-ci s'est tenue en novembre 2015.

Enfin, l'union régionale souhaite travailler davantage avec les mutuelles de Bretagne qui souhaitent mener des actions sur la prévention du suicide auprès de leurs adhérents. Deux formations dédiées aux élus mutualistes sont prévues : en mars 2016 sur la souffrance psychique et le repérage suicidaire, puis en décembre 2016 sur la sensibilisation à l'écoute.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)