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Du sport sur ordonnance pour les affections de longue durée

Les patients atteints d'une affection de longue durée (ALD) peuvent aujourd'hui se voir prescrire la pratique d'une activité physique par leur médecin. Mais ce dispositif, prévu dans la loi Santé, ne prévoit pas de prise en charge par l'assurance maladie.

A compter de ce 1er mars 2017, les médecins peuvent prescrire de l'activité physique à leurs patients souffrant d'une affection de longue durée (ALD), comme le prévoyait la loi Santé de décembre 2016, annonce Le Monde. Cette mesure concerne environ 10 millions de Français.

Les effets positifs de l'activité physique ne sont plus à démontrer. Elle contribue à réduire les risques de maladies cardiovasculaires et diminue d'environ un tiers le risque de récidive du cancer du sein, rappelle Le Monde.

"C'est un grand pas, dans un pays qui figure parmi les plus gros consommateurs de médicaments en Europe", commente le quotidien, qui souligne néanmoins la principale limite de cette mesure : le sport prescrit ne sera pas pris en charge par l'assurance maladie.

"Si l'on veut que cela fonctionne, il faut un système organisé et financé", estime le Dr Alexandre Feltz, adjoint à la santé à la mairie de Strasbourg, qui a mis en place le sport sur ordonnance dans sa ville. Sans cela, c'est la mise sur pieds d'un dispositif inégalitaire, ce qui est "inacceptable", fait valoir cet élu.

"Les instructions ministérielles qui étaient en discussion lundi soir devraient favoriser le déploiement de moyens au niveau régional, dans le cadre des programmes régionaux de santé. Des arbitrages étaient toujours en cours mardi", indique Le Monde.

En pratique, pour prescrire ces activités physiques, c'est un formulaire spécifique et non une ordonnance que le médecin doit remplir. En fonction de l'état de santé des patients, il les oriente vers des éducateurs sportifs, des kinés, ou des psychomotriciens.

"Avec l'accord des patients, l'intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l'activité physique adaptée au médecin prescripteur", précise le décret relatif à cette mesure.

"Si on se félicite de pouvoir prescrire du sport sur ordonnance, sa mise en application reste une usine à gaz", estime le Dr Yannick Schmitt, président du Syndicat des jeunes médecins généralistes d'Alsace (AGJIR), tandis que syndicat de généralistes MG-France juge la mesure "chronophage" pour les médecins.

Mais quid de la prise en charge financière ? A Strasbourg, où cette "thérapie non médicamenteuse" a été lancée en 2012, le dispositif est gratuit la première année, puis se base sur "une tarification solidaire, en fonction des revenus, à laquelle participent la ville de Strasbourg, l'ARS, le régime local de l'assurance maladie, les hôpitaux universitaires de Strasbourg et le conseil départemental du Bas-Rhin".

Le prochain gouvernement franchira-t-il le pas du financement ?, interroge Le Monde. "Pour l'heure, seul Benoît Hamon a inscrit le remboursement du sport dans son programme, Emmanuel Macron laissant une large place à la prévention."

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John Sutton

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