Soins dentaires : les tarifs seront imposés

Les négociations tarifaires entre les syndicats de dentistes et l'assurance maladie ont été officiellement enterrées hier, laissant la place à un règlement arbitral sur le prix des prothèses.

La Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) a rejeté hier les propositions de l'assurance maladie en matière de tarifs des soins dentaires. La Fédération des syndicats dentaires libéraux (FSDL) s'était déjà prononcée contre, le 25 janvier. Par conséquent, les tarifs "seront fixés unilatéralement par un arbitre", souligne Le Figaro. L'arbitre désigné, sans doute Bertrand Fragonard, un haut fonctionnaire spécialiste du secteur, imposera ses solutions de tarification, précise Le Parisien.

L'assurance maladie proposait de revaloriser les actes de base à hauteur de 806 millions d'euros et, en contrepartie, de plafonner le prix des prothèses, jugé trop élevé. "Si on ne fixe pas de plafonnement, c'est comme donner 806 millions sans garantie que le reste à charge des patients va baisser", explique le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel. Pour leur part, les syndicats de dentistes jugent insuffisantes les revalorisations proposées pour les soins de base et appellent à un meilleur remboursement des prothèses.

"Le prix des prothèses est un faux procès", estime le Dr Jérémy Amzalag, auteur de "Prendre soin de ses dents pour les Nuls". "Nous avons le meilleur système au monde, car chacun a accès, sans reste à charge, aux soins préventifs et conservateurs", assure-t-il dans Le Parisien. De son côté, Nicolas Revel souligne le sacrifice consenti : "Les dentistes vont conserver 42% des 806 millions d'euros, soit près de 9.000 euros d'honoraires en plus chaque année." Les gagnants seront les trois-quarts des dentistes qui pratiquent aujourd'hui des prix raisonnables et ne seront pas, ou peu, concernés par les plafonnements, indique Le Parisien.

Les syndicats ont appelé à une manifestation aujourd'hui devant le ministère de la santé. "Les patients, eux, devront donc encore attendre pour bénéficier d'un meilleur accès aux soins dentaires. Ils sont déjà 17% à y renoncer pour raison financière !", constate Le Parisien.

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John Sutton

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