Sida : le défi des années 2030

D'ici à quinze ans, le virus du sida pourrait ne plus circuler. C'est en tout cas le voeu d'Onusida, voire même son objectif, comme le laisse entendre un rapport présenté le 14 juillet et intitulé "Comment le sida a tout changé". Dans ce document, le programme commun des Nations unies sur le VIH fait à la fois un bilan et une projection sur l'évolution de la maladie.

En 2001, rapporte Libération (pages 2 à 4), environ 1 million de personnes, vivant pour la plupart dans des pays riches, bénéficiaient d'un traitement antisida. Aujourd'hui, quinze fois plus de malades sont traités car d'importants moyens ont été investis. Dans un discours prononcé la semaine dernière à la Conférence internationale sur le financement du développement, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a estimé qu'"il faudra encore débourser 29,5 milliards d'euros par an d'ici à 2020 pour espérer en finir avec la circulation du VIH d'ici à 2030", écrit Le Figaro (page 7).

Toutefois, nuance le journal, il ne faut pas confondre la fin de la circulation du virus et l'éradication de la maladie. Celle-ci ne pourra pas être envisagée avant très longtemps puisqu'environ 35 millions de personnes vivent actuellement avec le virus dans le monde.

En 2001, on recensait 3 millions de nouvelles infections par an. Elles sont d'environ 2 millions en 2014, et en 2030, elles pourraient avoir totalement disparu.

Certaines données épidémiologiques sont néanmoins encourageantes, ajoute Libération. Par exemple, en 2001, on recensait 3 millions de nouvelles infections par an. Elles sont d'environ 2 millions en 2014, et en 2030, elles pourraient avoir totalement disparu.

Pour ce qui est du nombre de décès liés au VIH, il a chuté de plus de 40% en dix années. Pour preuve, l'espé­rance de vie d'une personne vivant avec le sida était de 36 ans en 2001 : elle est désormais de 55 ans. "En 2030, espère Michel Sidibé, le président d'Onusida, cette espérance de vie pourrait être la même que pour une personne séronégative." En d'autres termes, si l'effort se poursuit, le nombre de décès pourrait atteindre 200.000 en 2030.

Les cinq prochaines années seront donc "décisives" pour l'épidémie, prévient Michel Sidibé. "Si la riposte baisse en intensité, alors elle peut redémarrer." Outre le financement destiné à la recherche, le terme riposte inclut également les politiques de prévention, indispensables pour la maîtrise de l'épidémie.

"En 2015, le rapport montre que dans les 83 pays où se trouvent plus de 80% des personnes infectées dans le monde, l'épidémie s'est arrêtée, note Libération. Et elle commence à régresser, y compris dans des pays aussi touchés que l'Inde, le Kenya, le Mozambique, l'Afrique du Sud ou le Zimbabwe."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)