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Sensibiliser les travailleurs du bâtiment au risque de l’amiante

L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) lance une campagne de sensibilisation sur l’amiante à destination des professionnels du bâtiment. 900.000 ouvriers seraient aujourd'hui exposés à ce risque.

"Avec l'amiante, ne pariez pas. Protégez-vous !" L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) lance une grande campagne de prévention à destination des professionnels du bâtiment, et plus précisément ceux du second œuvre, qui interviennent notamment dans la maintenance et la rénovation. Carreleurs, couvreurs, chauffagistes, ascensoristes, plombiers, et autres électriciens sont en effet particulièrement exposés à l'amiante et peu informés des risques encourus.

Lors de leurs interventions, ces ouvriers peuvent être amenés à respirer des poussières d'amiante. Il reste, en France, des dizaines de millions de mètres carrés de ce matériau au sein des bâtiments. "Lorsque les matériaux contenant de l'amiante se détériorent ou qu'il faut intervenir pour les travaux d’entretien, explique l'INRS, le risque d'exposition apparaît et, avec lui, les éventuels malades de demain. Au quotidien, c'est près de 900.000 professionnels du bâtiment qui sont potentiellement exposés."

Des spots radios seront diffusés tout au long du mois de mai sur RTL, puis sur de nombreuses radios indépendantes. Des insertions sont également prévues dans la presse quotidienne régionale ainsi que dans les journaux professionnels spécialisés dans le secteur du bâtiment.

Un risque sous estimé

Les chiffres sont édifiants : en 2004, sur les 5.646 nouveaux cas de maladies professionnelles reconnues comme étant liées à l'amiante, la Caisse nationale d'assurance maladie a dénombré 397 plombiers et tuyauteurs (+11% par rapport à 2003), 287 électriciens (+19%) et 233 maçons (+39%). Ces ouvriers du second œuvre représentent ainsi un tiers des cas des maladies professionnelles liées à l'amiante reconnues.

Malgré les dangers d’exposition, le degré d’information de ces professionnels reste faible. Une étude menée par l'INRS montre que cette population de travailleurs se soucie davantage des risques immédiats liés à leur métier : chutes, coupures, électrocutions ou encore accidents liés au maniement de certains outils. A l'inverse, le risque amiante, dont les conséquences sont peu visibles dans l'immédiat, est très peu présent à leur esprit.

Indispensable protection

Dans son communiqué, l'INRS rappelle que des expositions courtes et répétées à l'amiante peuvent provoquer de graves maladies respiratoires, comme des cancers du poumon ou de la plèvre. Ces pathologies se déclarent généralement entre dix et quarante ans après le début de l'exposition.

L'INRS incite d'abord les employeurs et leurs salariés à s’informer systématiquement sur la présence éventuelle d’amiante, grâce au dossier technique amiante (DTA), qui doit être établi par le propriétaire du bâtiment. L'Institut recommande ensuite de mettre en œuvre les mesures de protection collectives et individuelles adéquates (isolation de la zone de travail, réduction des émissions de poussières, combinaisons et masques de protection, conditionnement des déchets…).