Sécu : un déficit un peu moins lourd que prévu en 2013

Légère satisfaction, hier, pour le gouvernement concernant le déficit de la Sécurité sociale pour 2013. Selon la ministre des Affaires sociales et de la Santé, le déficit du régime général s'établit en effet à 12,5 milliards d'euros, soit un peu moins que les 13,3 milliards prévus lors de la construction du budget. "Les efforts que nous avons réalisés portent leurs fruits", s'est félicitée Marisol Touraine, indique La Croix (page 8).

Cette diminution s'explique en premier lieu une crois­sance des dépenses de santé inférieure aux prévisions. L'an dernier, écrivent Les Echos (page 5), ces dépenses n'ont progressé que de 2,4%, "ce qui a permis d'alléger le déficit de l'assurance maladie de 800 millions". Il n'empêche, indique le quotidien, que ce dernier reste élevé avec 6,8 milliards d'euros. Le régime de retraite de base des salariés du secteur privé affiche également un meilleur résultat puisque son déficit se li­mite à 3,1 milliards d'euros.

La Caisse nationale d'allocations familiales affiche en revanche un déficit supérieur aux prévisions de 400 millions d'euros. "L'objectif de retour à l'équilibre de la branche famille, un temps promis, s'éloigne donc un peu plus puisque les comptes ne font que se dégrader", notent Les Echos.

Du côté des recettes, l'évolution de la masse salariale a été plus réduite que prévu en 2013 : + 1,2% au lieu de 1,3% comme annoncé. "Mais cela n'a pas empêché les recettes prélevées sur les salaires d'être, au final, “conformes aux prévisions”", souligne Vincent Collen. "C'est un signe positif qui pourrait marquer le début d'une dynamique vertueuse pour les recettes budgétaires", ont jugé la ministre des Af­faires sociales et le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué commun. Quant aux recettes dégagées par la CSG ou les taxes sur le tabac et l'alcool, elles sont aussi en baisse de 400 millions d'euros par rapport aux estimations.

Retrouver l'équilibre des comptes n'est donc pas garanti, même si, admet le quotidien économique, "depuis le record de 2010, le déficit de la Sécurité sociale n'a cessé de reculer, grâce à la maîtrise des dépenses et à l'apport massif de nouvelles recettes".

 

Lutte contre la violence faite aux femmes : une priorité de santé publique

"Les violences faites aux femmes sont une priorité de santé publique", a dé­claré le 14 mars la ministre des Droits des femmes en ouvrant le colloque de la chaire santé de Science Po organisé sur ce thème en partenariat avec la MGEN (cliquer ici pour visionner notre reportage vidéo sur ce colloque). Or, estime Najat Vallaud-Belkacem dans Le Figaro (page 11), la réponse publique ne semble pas "digne de cette priorité".

Chaque année en France, rappelle le quotidien, 83.000 femmes sont victimes de viols ou de tentatives. Et une fois sur trois, le conjoint en est l'auteur. Plus de 201.000 femmes sont également victimes de violences conjugales tandis que plusieurs centaines de milliers d'autres sont agressées en dehors de leur foyer.

"Derrière les statistiques effrayantes, a ajouté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ce sont des vies brisées, des vies empêchées. Ce sont des blessures que les femmes ne montrent pas." Et pour cause, remarque la Dre Muriel Salmona, psychiatre psychothérapeute et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, "l'agresseur qui isole, terrorise la victime va créer chez elle un sentiment de frayeur, de perte de repères, parfois même un sentiment de danger de mort qui la sidère".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)