Sécu : mauvais comptes

Une "douche froide" : c'est l'expression des Echos (page 5) pour qualifier les statistiques de janvier sur les dépenses d'assurance maladie publiées hier par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). "Sur les douze derniers mois, les remboursements du régime général progressent de +3,2%, contre +2,7% fin décembre", écrit Etienne Lefebvre dans ce quotidien économique.

Pour le mois dernier, la Cnam constate une "croissance soutenue" des honoraires des généralistes (+11,4% par rapport à janvier 2006), des indemnités journalières (+6,8%) et des médicaments (+4%). En outre, relèvent Les Echos, "c'est la première fois que les arrêts maladie (en baisse depuis deux ans) repartent aussi nettement à la hausse". Les épidémies suffisent-elles à justifier ces tendances ou faut-il y voir un relâchement des comportements à la veille des élections ?

Voilà donc un début d'année qui augure mal d'un respect des objectifs "très ambitieux" de dépenses fixés pour 2007. Et pour 2006, si les comptes ne sont pas encore définitivement bouclés, les estimations ne sont pas optimistes. Comme le rappelle Véronique Chocron dans La Tribune (page 23), la progression de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) pour les soins de ville avait été estimé à +1,7% en septembre dernier par la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Finalement, cette enveloppe devrait ressortir en hausse de +3% "essentiellement parce que les économies attendues sur les prescriptions des médicaments n'ont pas été totalement au rendez-vous".

Cette situation économique pèsera certainement sur les négociations tarifaires, actuellement en cours entre l'assurance maladie et les syndicats de médecins. A cela s'ajoute un nouvel élément qui pourrait même crisper un peu plus la situation. Il s'agit du rapport de Pierre-Jean Lancry, directeur santé de la MSA, sur les conséquences de la reconnaissance de la "spécialité de médecine générale". Une évolution qui a poussé certains syndicats de généralistes a incité leurs confrères à facturer dès à présent leur consultation à 23 euros, pour l'aligner sur celle des spécialistes.

Pour Pierre-Jean Lancry, indique Le Figaro-économie (page 19), la qualification de spécialiste "ne saurait être attribuée “en bloc” aux généralistes déjà installés". Le directeur santé de la MSA préconise plutôt une "procédure d'examen individuel" pour vérifier "la pratique effective de la médecine générale". Pour lui, poursuivent Les Echos (page 4), "une distinction subsiste en terme de qualification entre la médecine générale et les autres spécialités".

Dans le même temps, Pierre-Jean Lancry propose la création d'une nouvelle lettre clé, la "CG", "en réfléchissant, dans ce nouveau cadre, à ce qui devrait relever du paiement à l'acte ou d'autres modes alternatifs comme la rémunération forfaitaire". Dans son esprit, la valeur de cette nouvelle cotation devrait être de 23 euros, mais sa fixation "relève de la négociation avec l'assurance maladie". La prochaine réunion entre la "Sécu" et des syndicats de médecins s'annonce houleuse…

A lire aussi – Médicament : les risques du web


Prendre un médicament sans passer par la case médecin ou pharmacien peut nuire gravement à la santé. De plus en plus développé, l'achat de médicaments sur Internet n'est effectivement pas sans danger, comme le montre Le Monde (page 23). Les risques de contrefaçon ne sont pas les seuls. " Même lorsqu'ils sont proposés sous un nom connu, les produits achetés sur Internet ne font souvent pas partie de la chaîne pharmaceutique, régulièrement contrôlée par les autorités sanitaires", explique l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

L'Afssaps recommande donc aux internautes de "se méfier de tous les sites qui vendent des médicaments". Elle les met particulièrement en garde contre les produits contenant" de la DHEA (anti-vieillissement NDLR), de la mélatonine (troubles du sommeil) ou de la pregnénolone (corticoïdes)". L'Afssaps lancera d'ailleurs "dans le courant de l'année" des actions de communication pour alerter le public des dangers de l'achat en ligne.