« Sécu » : le système solidaire plébiscité

Sept Français sur dix refuseraient une éventuelle réduction du niveau prise en charge par la "Sécu", montre un sondage Ipsos réalisé pour le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), indique La Tribune (page 23).

Interrogées sur le système "le plus à même de garantir l'accès aux soins pour les générations futures", 84% des personnes interrogées se prononcent pour "le système actuel dit de solidarité entre tous les assurés, c'est-à-dire un régime de cotisation obligatoire qui couvre l'essentiel des frais de santé pour tous et qui autorise le recours à des assurances complémentaires", relève pour sa part L'Humanité (page 9).

Seule une infime minorité (15%) opte pour un dispositif où chacun paierait pour sa propre assurance santé, en fonction de son âge et de son état de santé. Concernant les franchises médicales, 64% des sondés refusent que "le montant des frais non remboursé ne soit pas non plus pris en charge par les complémentaires", contre 31% qui sont d'accord.

Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008 est présenté demain en Conseil des ministres, plusieurs députés socialistes ont déjà déposé des amendements pour taxer plus lourdement les stock-options au profit du fonds de réserve des retraites.

Selon le quotidien Les Echos (page 2), le gouvernement serait désormais favorable à une contribution patronale sur l'attribution des stock-options. "C'est une bonne idée", a déclaré, hier sur RMC, le ministre du Budget, Eric Woerth.

En matière d'organisation des soins, le PLFSS contient une disposition qui permettrait aux médecins, sur la base du volontariat, de signer avec leur caisse primaire d'assurance maladie des "contrats d'engagements individuels". Ils porteraient sur des volumes de prescriptions, la prévention, la participation à la permanence des soins ou l'amélioration des pratiques médicales.

En contrepartie, ces médecins toucheraient une "rémunération forfaitaire", explique Le Quotidien du médecin d'hier (page 4). Pour Claude Le Pen, économiste de la santé, il s'agit d'une "brèche" dans le système conventionnel. De leur côté, les syndicats de médecins libéraux estiment que cette mesure aboutirait "un conflit d'intérêt médecin-patient".

A lire aussi – Régimes spéciaux : projet soumis aux syndicats

Le ministre du Travail présente aujourd'hui aux partenaires sociaux un "document d'orientation" concernant les négociations sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Sur ce sujet, la journée de grève du 18 octobre s'annonce rude dans les transports, indiquent Les Echos (page 3).

Ce document précisera les "principes généraux d'harmonisation" des différents régimes spéciaux de retraite, "avec ce qui relève de la responsabilité gouvernementale et ce qui relève des négociations d'entreprise", ajoute le ministère. Il servira ensuite de base à la rédaction d'un décret qui permettra notamment de définir "ce qui relève des négociations d'entreprise".

Dans un entretien à Libération (page 9), Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient sur les raisons de la grève du 18 octobre. "Notre approche est de conforter le droit au départ à 60 ans. C'est possible. Cela veut dire que d'ici à 2020, il faudra consacrer 3% du PIB en plus aux retraites", estime-t-il. Dans cette interview, le leader de la CGT dénonce à nouveau l'instauration des franchises médicales, au nom des "principes de solidarité et d'égalité d'accès aux soins".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)