croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Sécu : la Cour des comptes modère l’enthousiasme

Dans son rapport annuel rendu public le 4 octobre, la Cour des comptes suggère plusieurs pistes pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Quitte à tempérer la satisfaction du gouvernement, qui prévoit un redressement des comptes pour 2019.

La perspective d'un équilibre financier de la Sécurité sociale pour 2019 n'est évidemment pas pour déplaire à la Cour des comptes. Selon les prévisions du gouvernement, en effet, la Sécu devrait dégager un excédent de 700 millions l'an prochain. Un résultat jamais atteint depuis dix-sept ans, rappelle Le Figaro.

Dans son rapport annuel remis le jeudi 4 octobre 2018, la Cour estime que cette embellie "mérite d'être nuancée", rapportent Les Echos.

Si les comptes se sont améliorés, estime-t-elle, ils le doivent beaucoup à la croissance sans laquelle le déficit structurel serait resté "très important". A savoir, note Le Parisien, de l'ordre de 3,5 milliards d'euros.

Il faut dire que la situation des branches maladie et vieillesse reste problématique. Si la première est parvenue à l'équilibre, c'est "seulement grâce au quasi-gel des pensions en 2019-2020", écrivent Les Echos. Pour la seconde, en revanche, les déficits persistent, quand bien même l'Ondam a été respecté depuis huit ans, et les dérapages ont été contenus.

La maîtrise de ces derniers, rapporte encore le quotidien, n'a été possible qu'"en ponctionnant l'enveloppe de dépenses des hôpitaux, pour compenser des dérapages des soins de ville". De fait, ce sont les hôpitaux qui ont presque doublé leur déficit. En 2016, il était de 439 millions d'euros. Il est passé à 835 millions d'euros en 2017.

"Pris ensemble, écrit la Cour des comptes, les déficits de l'assurance maladie et des hôpitaux publics dépassent ceux de 2016 (5,7 milliards contre 5,2 milliards). Mieux gérer les dépenses de soins de ville pour préserver la situation des hôpitaux lui paraît donc être une meilleure option.

Pour ce faire, la Cour dispose d'une quarantaine de pistes, la plupart suggérées par les travaux du responsable de la direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees), Jean-Marc Aubert, en charge d'une réflexion sur la réforme du système de santé.

Par exemple, indique Sciences et Avenir, elle prône une augmentation des taxes sur l'alcool et les boissons sucrées. Une mesure préventive qui pourrait permettre de limiter les maladies cardio-vasculaires.

Elle propose également une évolution des soins visuels, de sorte que les orthoptistes et les opticiens puissent prescrire de façon autonome des verres correcteurs et des lentilles de contact, poursuit Le Monde. Pour cela, leur formation professionnelle serait rallongée.

A cette mesure s'ajoute le renforcement du virage ambulatoire du système de santé, complète L'Argus de l'assurance. Un mode encore trop peu développé en médecine, comparé à l'hôpital. Il mériterait donc d'être encouragé par des incitations tarifaires, mais aussi par une réorganisation de la médecine de ville, voire en donnant davantage de place aux professions paramédicales dans les soins primaires.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)