« Sécu » : hausse de 50% des dépenses d’ici 2015

A en croire les projections présentées hier par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), le déficit de la "Sécu" n'est pas prêt de se réduire. Selon La Tribune (page 25), la Cnam estime que d'ici à 2015, les dépenses devraient enregistrer une hausse de 50%. Ainsi, "elles atteindraient 210 milliards d'euros, contre 140 milliards aujourd'hui, si les tendances actuelles se poursuivent", rapporte le quotidien économique.

Le vieillissement de la population combiné au développement des affections de longue durée (ALD) explique en partie cette tendance. Actuellement, 7,4 millions de personnes sont concernées par ces ALD, qui constituent 60% des remboursements. En 2015, elles seront probablement 11 millions et représenteront 70% de ces mêmes dépenses.

Dès à présent, souligne Le Figaro (page 19), "les voix se multiplient pour souligner la nécessité de réfléchir à l'avenir de ce régime qui (...) rembourse à 100% les soins des patients atteints de diabète, d'hypertension, de cancer, du sida, d'Alzheimer, de Parkinson ou encore d'une maladie psychiatrique chronique ou d'une cirrhose".

Au regard de ces prévisions, "il faudrait des recettes supplémentaires (l'équivalent d'un point de CSG tous les cinq ans) ou réduire de 20% les remboursements, ou encore transférer les nouvelles dépenses aux complémentaires, dont les cotisations grimperaient alors de 10% par an", poursuit Le Figaro. Autant de scénarios qui sont "difficiles à envisager", conclut ce quotidien.

Dans ce contexte, le directeur de la Cnam, Frédéric van Roekeghem, avance quelques pistes. Pour lui, "la priorité n'est pas de changer le périmètre de prise en charge, avec par exemple des franchises, ou de trouver de nouvelles recettes, comme une TVA sociale. Il faut plutôt optimiser les dépenses de santé".

Dans ce cadre, il souhaite développer les campagnes de dépistage, assurer plus efficacement le suivi des malades chroniques et enfin "accroître l'efficience du système de soins, par exemple en cessant d'accueillir aux urgences hospitalières des cas qui relèvent plutôt du généraliste de garde".

Toujours dans le domaine de la "Sécu", le Sénat rendra public aujourd'hui un rapport sur les patients étrangers. Il montre qu'un certain nombre de ressortissants étrangers qui se sont fait hospitaliser en France en 2005 et 2006 ont laissé une "ardoise (qui) s'élève à près de 17 millions d'euros par an", indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). "Comparées au déficit de la Sécu, les sommes en cause ne sont pas énormes (et) ces chiffres ne tiennent pas compte du fait que ces créances, faute d'être remboursées, sont régulièrement apurées", souligne ce rapport.

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Le nombre de postes qu'envisage de supprimer le ministère de l'Economie dans l'Education nationale pourrait être de 17.000 et non de 10.000 comme annoncé en début de semaine. D'après Le Monde (page 10), ce chiffre, dévoilé hier par Les Echos, n'a pas été officiellement confirmé par le ministère. Toutefois, si elles se confirment, les restrictions porteraient en priorité sur le second degré et sur son personnel administratif. Etant donné l'augmentation croissante que connaît le premier degré (+ 20.000 élèves), ce secteur ne serait pas touché.

En matière d'économie, "la piste de la bivalence (enseignement de deux matières par un même enseignant) pourrait être exploitée", avance Le Monde. Par ailleurs, compte tenu du "grand nombre d'options" et des horaires de cours, "un effort de rationalisation sera engagé", a prévenu le Premier ministre, François Fillon, dans son discours de politique générale.

Selon Les Echos (page 3), la suppression d'une heure de cours dans les collèges serait une solution préconisée par le gouvernement. Elle permettrait de libérer entre 6.000 et 7.500 postes. D'après Le Figaro (page 8), la décision définitive sera prise "fin juillet début août", lors des arbitrages sur les dépenses budgétaires de 2008.

Frédéric Lavignette

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