Sécu : douze pistes d’économies

Dans un rapport à destination de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) doit présenter aujourd’hui une série de 12 propositions visant à réaliser 2,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Pour la seule année 2016, 715 millions d’euros d’économies sont au programme. "On est bien loin des sommes prévues par le gouvernement. L’objectif de progression des dépenses de l’assurance maladie (Ondam), initialement fixé à 2% pour 2016, dans le cadre d’un plan d’économies de 10 milliards d’euros sur trois ans, a été abaissé en avril à 1,75%. Il faudra donc trouver 3,4 milliards d’euros en 2016", commentent Les Echos (page 3).

"La Cnam propose en premier lieu de réduire l’importance exacerbée de l’hôpital dans le système de soins, en diminuant les durées d’hospitalisation", écrit Le Figaro (page 22). En d’autres termes, il s’agit de "promouvoir de manière résolue le virage ambulatoire et les prises en charge extra-hospitalières, en se donnant l’ambition de soigner mieux et moins cher". L’économie espérée sur trois ans s’élève à 836 millions, dont 171 millions dès 2016.

Autre piste : limiter l’essor des indemnités journalières, ce qui permettrait de réaliser 100 millions d’euros annuels d’économies. Les arrêts de travail "ayant explosé ces dix-huit derniers mois, la Sécu compte renforcer les contrôles et imposer aux médecins de mieux suivre les référentiels de durées d’arrêt", relève Le Figaro.

Le regard de l’assurance maladie sur les ordonnances des médecins concerne également les prescriptions des génériques. En les encourageant plus encore, 39 millions d’euros pourraient être économisés l’an prochain, et 116 millions en 2018, précisent Les Echos.

La Cnam mettrait également un terme aux prescriptions de médicaments utilisés pour une indication non prévue, comme c’est le cas avec l’Avastin®, l’anticancéreux parfois utilisé pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Près de 85 millions d’euros pourraient ainsi être économisés en 2016. Les antidiabétiques, dont le coût a augmenté de 44 millions d’euros l’an dernier (+ 3,3%), sont aussi dans la ligne de mire.

D’autres gisements d’économies figurent dans le rapport : ils concernent les examens biologiques, souvent redondants ou non pertinents, les dispositifs médicaux ou encore les transports sanitaires. La Cnam préconise notamment de "commander plus de transports assis, et moins d’ambulances", ainsi que la "mise en place d’un tarif unique pour les sociétés de transport qui proposent à la fois des véhicules sanitaires légers et des taxis, sachant que ces derniers coûtent 25% plus cher". Economies potentielles, notent Les Echos : 109 millions dès l’année prochaine et 547 millions en trois ans.

Frédéric Lavignette

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