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Sécu : « Aller plus loin et plus vite »

"Le retour à l'équilibre ne serait pas atteint avant l'horizon 2020, mais interviendrait au mieux en 2021", a estimé hier le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, lors de la présentation du rapport annuel sur la Sécurité sociale, rapportent Les Echos (page 2). La Sécu "est aujourd'hui en risque, fragilisée par ses déficits persistants, par l'érosion de la protection qu'elle assure et par l'augmentation d'une dette sociale dont une part croissante n'est ni visible, ni financée", déplore Didier Migaud. Face à ce constat inquiétant, le magistrat demande au gouvernement d'"aller plus loin et plus vite" afin de redresser les comptes, soulignent Les Echos.

La Cour n'accepte pas l'abandon de l'objectif du retour à l'équilibre en 2017, voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale en 2013, et qui a volé en éclats depuis. La baisse des recettes prévues dans les trois ans à venir ne sera que partiellement compensée par le ralentissement des dépenses, estime le quotidien économique. Le retard pris dans la réduction du déficit de la Sécu empêche donc de résorber la dette sociale.

"Le resserrement de l'Ondam invite instamment à remédier aux faiblesses persistantes de l'organisation de notre système de soins", souligne Didier Migaud. "Des réformes structurelles sont possibles. Elles sont indispensables. Elles ne peuvent être différées", insiste-t-il, dans Le Figaro-économie (page 20). Ces réformes aboutiraient à "l'amélioration de la qualité et de l'efficacité de notre protection sociale".

Les magistrats dressent également un bilan "décevant" de "vingt ans de recomposition de l'offre de soins". Depuis deux décennies, le nombre de lits hospitaliers a diminué de 22,5%, soit moins que dans d'autres pays européens. Résultat : l'hôpital pèse encore 37% des dépenses de santé. "Une action plus déterminée de recomposition de l'offre de soins apparaît aujourd'hui indispensable", juge le président de la Cour des comptes.

Concernant les 500.000 professionnels de santé exerçant en mode libéral, l'assurance maladie a attendu 2008 pour essayer de mieux les répartir sur le territoire. Le rapport préconise de ne pas conventionner les médecins qui s'installent dans les zones surdotées.

La Cour dénonce aussi l'augmentation "non maîtrisée" et à un "rythme très soutenu" (+5,7% en moyenne par an depuis 2000) des dépenses d'assurance maladie liées aux soins infirmiers et de kinésithérapie (10,7 milliards d'euros en 2014), note Le Monde (page 13). Une croissance "de moins en moins soutenable, sauf à évincer d'autres dépenses", souligne les magistrats, qui estiment qu'"au-delà du vieillissement de la population et de l'extension des maladies chroniques, la dynamique des dépenses résulte d'une organisation inadaptée de l'offre de soins", avec des répartitions sur le territoire "très inégales".

Enfin, le rapport épingle des insuffisances, voire des abus, dans la prise en charge des personnes dialysées, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). En, conséquence, il propose des économies qu'il évalue à 900 millions d'euros.

A lire aussi dans la presse

Réformes du travail : les salariés méfiants

52% des Français souhaitent rester aux 35 heures (68% des ouvriers et 53% des cadres), selon un sondage Vivavoice réalisé pour Libération (page 3). Le quotidien publie un dossier de six pages, qui montre la réticence des Français vis-à-vis des réformes du travail, sous le titre de "une" : "Hollande braque les ouvriers". Par ailleurs la baisse des allocations-chômage pour les personnes "les mieux payées" est approuvée par 70% des personnes interrogées. Leur dégressivité dans le temps est également acceptée à 63%. Enfin, l'idée de faire effectuer "quelques heures de missions d'intérêt général chaque semaine" aux chômeurs de longue durée est plébiscitée à 81% ! Dans le dossier de Libé (pages 3 et 4), on peut lire également une interview de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dans laquelle il estime qu'"en trois ans, il y a eu des lois plutôt bonnes sur des problématiques sociétales, mais sur le travail, pas grand-chose". Pour Philippe Martinez, "on continue à faire les yeux doux aux patrons, de dire que le travail est un coût, qu'il faut de la flexibilité". La CGT, Solidaires et la FSU appellent à une journée de mobilisation le 8 octobre contre la réforme du Code du travail.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)